"Reef Check" : diagnostic sur la santé des coraux de Wallis

Coraux
Les coraux : un signe de la bonne ou mauvaise santé des océans

L'association "Reef Check" a comme mission d'observer la santé des coraux un peu partout dans le monde. Elle est présente dans 180 pays.
A Wallis, elle possède une antenne.

René Lataste
Publié le

L’association Reef Check Wallis existe depuis Juin 2011. En relation Directe avec Reef Check France, Pascal Nicomete (président reef check Wallis) et une dizaine d’adhérents continuent sur leur lancée, le travail de recensement, sur la base d’une méthodologie commune à toutes les équipes reef check, disséminés dans plus de 180 pays à travers le monde. Une méthode simple, standardisée et scientifiquement reconnue.

Une toile d'observation mondiale

Chaque membre doit relever sur une plaquette dans un premier temps le substrat, c'est-à-dire, ce qui repose sur le sol, comme les algues, les coraux vivants, les coraux morts et le sable… Une autre équipe sera chargée elle d’identifier et recenser les poissons, les invertébrés et les classifier dans les différentes familles d’organismes vivants. Avec une mention spéciale pour les espèces bio-indicatrices.
Chacune des stations (Sites coralliens identifiées et balisées selon des critères bien précis)  sera visitée 2 fois par an par les membres de l’association. Elles doivent être installées sur des zones récifales, à l’intérieur du lagon et sur la pente extérieure de la barrière de corail. Selon leur profondeur les stations pourront être observées, ou en apnée, ou en scaphandres autonomes.
La dizaine de membres que compte Reef Check Wallis sont tous plongeurs donc très sensibles à la biodiversité sous marine.

Tenir compte de la météo et des courants

Catherine POULAT trésorière nous parle des hauts et des bas de l’association. En termes de motivation bien sûr. Souvent c’est la météo qui dissuade les sorties prévues. A tel point qu’une des stations posée juste à l’embouchure de la grande passe a été tout simplement abandonnée. Le courant et la houle laissaient trop peu de moments propices à l’observation. L’affaire n’est pas si simple. Compter les poissons par exemple nécessite d’avoir des yeux derrière la tête, et que c’est sûrement pour cela qu’ils sont toujours par équipes de deux.
La motivation des plongeurs bénévoles vient, tout d’abord du cadre quasi paradisiaque et le panel de couleurs que peut offrir un lagon comme celui de Wallis. C’est aussi l’occasion pour certains bénévoles de participer à la préservation du patrimoine sous-marin. Françoise TOUZOT nouvelle recrue Reef Check avoue même ne jamais avoir autant pris le temps d’observer un récif corallien. Chargée de recenser les invertébrés, elle n’en a pas vu beaucoup, mais a bien apprécié cet exercice que seuls les scientifiques pratiquent.

Un plongeur passionné en première ligne

Et ce sont justement des scientifiques qui sont à l’initiative de reef check monde. Qui ont eu l’idée de créer un réseau international de récolte de données. Des données qui remonteront pour être traités par des logiciels qui si les données remontent régulièrement pourront donner des fiches de santé de notre lagon.
D’après Pascal Nicomete l’endroit visité aujourd’hui est en train de renaître de la pêche intensive des années 90. Il plonge à Wallis depuis plus de 20 ans maintenant. Il nous livre son constat personnel. C’est un endroit pourtant très exposé aux marées de tempêtes, et autres phénomènes climatologiques. A la surpêche aussi puisque situé à proximité de la passe Honikulu. Un endroit très fréquenté. Mais il est agréablement surpris par la profusion de petits chirurgiens et autres becs de cannes observés aujourd’hui. C’est de bonne augure, mais c’est aussi le signe qu’il y a moins de pêcheurs. Même dans le lagon la baisse démographique se ressent.   
 Lagi Hoatau
Journaliste Wallis et Futuna 1ère