La précarité touche de nombreuses personnes à Wallis et Futuna

boutique du coeur

Depuis 2012, le Service des affaires sociales (SITAS) met une diversité d'articles à disposition des plus démunis. Encore tabou, la précarité touche pourtant de nombreuses familles sur le Territoire. La "boutique du coeur" accueille les dons et les fait parvenir à ceux qui en ont besoin.

S.Vili Publié le , mis à jour le

Nichée à l'intérieur des locaux du SITAS (Service de l'Inspection du Travail et des Affaires Sociales), ce petit local se veut discret et accessible à ceux qui souhaitent rester anonymes. La "boutique du coeur" accueille depuis 2012, une diversité d'objets du quotidien. Des vêtements devenus trop grands, inutilisés, des chaussures ou de vieux livres que l'on pourrait envisager de jeter et qui, dans cette boutique retrouveront bientôt une seconde vie auprès de personnes en détresse sociale.
 

boutique du coeur

Offrir aux plus démunis

La boutique sociale reçoit tous les dons. Encore méconnue par le grand public, elle se fournit principalement auprès de ceux qui s'apprêtent à quitter l'île. Des commerçants et certains particuliers viennent de temps en temps apporter leur contribution. Ce Jeudi 28 mars, profitant de la période de Carême, l'école de Tepa est venue apporter la sienne. Les élèves du cycle 3 et leurs enseignants ont organisé une collecte.
boutique du coeur eleves tepa
boutique du coeur

Ils sont arrivés au SITAS avec plusieurs cartons, des valises de vêtements et des dons alimentaires. Avec leurs mots, ces enfants ont bien compris l'importance de cet appel à la générosité. Vaima'uli est en CM2 :

" C'est un temps de Carême et il faut qu'on aime, qu'on pardonne et qu'on partage. On a emmené beaucoup de vêtements pour les enfants pauvres"
 

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Phillippe BLOT, le chef du SITAS se félicite de cette participation. Il tient à rappeler que la boutique est accessible à tous ceux qui le souhaitent. Pour offrir et peut-être faire le bonheur des plus nécessiteux :

"Tout le monde peut venir en permanence, ici rien ne se vend, rien ne s'achète c'est le principe du don. On accueille tout ce que les familles veulent nous apporter et on en fait bénéficier  les familles qui sont dans le besoin.Les dons peuvent être de toute nature, on prend aussi des dons alimentaires puisqu'on fait des paniers alimentaires."

La précarité, encore tabou sur le fenua


L'idée est née d'un constat de 3 travailleurs sociaux, lassés de la misère qu'ils voyaient au fil de leurs visites. A Wallis et Futuna, il est encore difficile de parler de cette situation au grand jour. Pourtant, ils sont nombreux à vivre dans la précarité, victimes d'accidents de la vie ou laissés sans ressources. Venir à la boutique du coeur représente souvent un défi pour les personnes en situation précaire. Par honte ou par méconnaissance, certains préfèrent demander à des tiers de le faire à leur place.
Les agents du SITAS suivent un peu plus de 30 familles de Wallis et de Futuna. Ils découvrent régulièrement de nouveaux cas.  Sanele TOA est assistant social, il se confie :

"Il y a de plus en plus de familles qui sont dans la difficulté, ne serait-ce que pour assumer les charges les plus basiques du quotidien.L'alimentation ou se vêtir. C'est qu'on a une certaine façon à Wallis de se voiler la face par rapport à ça et on dit souvent qu'il n'y a pas de pauvres. Mais franchement,avec le travail que l'on fait on commence à contester cela. Il y a de plus en plus de gens qui vivent dans la précarité." 

boutique du coeur

Aux objets de la boutique du coeur, les assistants sociaux rajoutent aussi des dons alimentaires. La boutique bénéficie depuis 2017 d'une aide sociale de l'Assemblée Territoriale pour alimenter une régie. L'aide s'élève à 1 million de francs pacifiques chaque année, elle permet de financer des "paniers alimentaires" distribués par les agents sociaux.
Pour Sanele et ses collègues, cet effort bien que conséquent ne suffit pas. Il faut que les autorités puissent mener une réflexion de fond autour de ce problème. Sanele Toa termine :

"C'est pas nos petits paniers alimentaires ni les paniers vestimentaires qui vont venir à bout de ce problème. Il faut mener un travail de fond parce-que malheureusement les actions que nous menons ici ne sont que des actions ponctuelles qui répondent à des besoins d'urgence."

Les travailleurs sociaux se rendent régulièrement à Futuna avec leurs dons.