François Hollande à Wallis et Futuna: coutume, avions et or bleu

hollande AT Wallis 23/02/16
© Wf1ère (Gonzague de La Bourdonnaye)

Lors de sa visite à Wallis et Futuna, François Hollande a promis une nouvelle liaison aérienne pour developper le tourisme tout en pronant l'exploration des minerais sous-marins. Dans le même temps, il a rendu hommage à la tradition coutumière du territoire. Un exercice d'équilibre à haut risque.

Patrick Ferrante
Publié le , mis à jour le

Tourisme et extraction minière des fonds marins d'un côté, respect de la chefferie coutumière de l'autre, François Hollande s'est essayé à son exercice favori de la synthèse lors de sa visite à Wallis et Futuna le 22 février. En tentant de concilier tradition et nouveauté, le chef de l'Etat cherche, après d'autres, à lancer le développement économique du territoire.

Les deux îles du Pacifique sud sont confrontées à un effondrement démographique sans précédent sur fond de marasme économique persistant. Seuls les transferts financiers de la métropole permettent de maintenir commerces et services.
Ce sombre diagnostic connu, François Hollande a proposé un remède à base de tourisme et d'exploration des minerais sous-marins pour relancer l'activité.
Ces deux pistes ont suscité de fortes oppositions dans un passé récent.


Une liaison aérienne avec Fidji en 2018

Pour convaincre, le Président de la République a donc sorti le grand jeu lors de son discours devant l'Assemblée territoriale, en promettant une nouvelle liaison aérienne dès 2018 entre l'aéroport de Hihifo et Fidji.
Un appel d'offre international va être organisé rapidement avec pour objectif une forte baisse du prix des billets d'avion, actuellement parmi les plus chers au monde. 
A une heure d'avion de Wallis, Fidji est un hub aérien en prise avec de nombreuses destinations internationales, ce qui pourrait faciliter l'arrivée de touristes au fenua. L'infrastructure touristique reste cependant à créer.


L'économie bleue

Mais bien plus que le tourisme, c'est l'exploitation des fonds marins qui semble la priorité du chef de l'Etat qui a proné le développement de l'économie bleue.
"Il y a des richesses sous-marines qui peuvent être exploitées dans des conditions qui peuvent offrir des innovations riches en emplois", a-t-il dit avant de lancer un appel aux Wallisiens et Futuniens à rejoindre l'économie mondiale en agissant  "avec un esprit de modernité et de conquête".

De premières explorations ont montré que les eaux de Wallis et Futuna étaient riches en minerais.  

Ces projets suscitent de fortes inquiétudes, notamment pour l'environnement, au sein de la population et de la chéfferie coutumière. Le Président de l'Assemblée territoriale, Mikaele Kulimoetoke s'est fait le porte-parole de ces réserves en affirmant que "le développement économique doit tenir compte du socle coutumier et du poids des traditions. Il n'y a pas d'avenir sans le respect de nos anciens et de nos coutumes", a-t-il dit, en pointant l'impératif de l'environnement avant toute extraction minière.


"Vous avez raison d'être ce que vous êtes"

Pour vaincre ces réticences, François Hollande a célébré la tradition coutumière compatible, selon lui, avec le développement économique.
Lors de son discours au Palais royal d'Uvéa (Wallis), devant toute la chéfferie rassemblée, il a lancé: "vous avez raison d'être ce que vous êtes, c'est à dire avec des institutions singulières, à nulles autres pareilles, avec des institutions coutumières, fruit de l'histoire, produit de vos traditions auxquelles vous êtes très attachés".

Coutume, touristes et or bleu, la concoction détonante du docteur Hollande pourrait mettre du temps à infuser à Wallis et Futuna.








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