Création de l’Académie des langues de Wallis et Futuna

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L’Assemblée territoriale a voté, en juillet, la création d’une Académie des langues wallisienne et futunienne. Cet établissement autonome sera chargé de la promotion et de la sauvegarde à la fois des langues et des cultures de Wallis et de Futuna.

Patrick Ferrante
Publié le , mis à jour le

Wallis et Futuna seront dotés d’une Académie des langues wallisienne et futunienne en principe au début 2016. L’Assemblée territoriale a voté en juillet les statuts de cet établissement autonome qui sera chargé de la promotion et de la sauvegarde des langues et des cultures des deux îles.
A l’issue du vote, le président de la commission permanente de l’assemblée Sosefo Suve a affirmé ressentir « une immense joie » après un long combat. Cet ancien professeur déplore que pour enseigner les langues vernaculaires, les enseignants ne disposent pas « de points d’appui, chacun fait sa petite salade » dit-il.

Développer l'enseignement

La première des missions de l’Académie sera justement de fixer les règles d’usage du Wallisien et du Futunien puis de mettre au point les outils didactiques nécessaires à l’apprentissage des deux langues polynésiennes. La future institution devrait piloter également la formation des professeurs et le contrôle pédagogique. Pour mener à bien sa mission, l’établissement bénéficiera du soutien du vice-rectorat qui mettra à sa disposition ses enseignants en Wallisien et Futunien.

Depuis 2013, ces langues sont enseignées dans les collèges de Wallis et de Futuna et au Lycée d’Etat de Mata Utu. Une heure hebdomadaire facultative est proposée aux collégiens et lycéens qui pourront présenter cette option au Bac pour la première fois en 2016.
L’autre objectif de l’Académie sera de préserver le patrimoine culturel du territoire et de le faire connaitre.

Deux antennes


L’Académie sera composée de deux antennes, l’une à Wallis, l’autre à Futuna, basées toutes deux dans les services culturels respectifs des deux îles. Autour de la table de son conseil d’administration siègeront préfet, hauts fonctionnaires, élus, et chefs coutumiers. Un fauteuil est également attribué à un représentant de la Mission catholique :  les missionnaires ont joué un grand rôle dans la préservation des langues, ayant été les premiers au 19ème siècle à proposer des transcriptions  pour le Wallisien et le Futunien. Un conseil scientifique complète ce dispositif.
Le financement de l’Académie viendra pour l’essentiel de l’Etat et son budget devrait être voté lors de la session de fin d’année de l’Assemblée territoriale pour un lancement espéré de l’institution début 2016.
Cet établissement viendra s’ajouter à l’Académie de Tahiti et à l’Académie des langues Kanak dont le directeur Weniko Ihage a fait de nombreux voyages  à Wallis pour apporter une aide décisive à la création de l’Académie des langues wallisienne et futunienne.