Vigilance ROUGE… jours « chômés » ?

Pointe à Pitre ville morte
© Photo/ Laurence THEATIN. | Pointe à Pitre, ville morte en ce jour de vigilance météo ROUGE.

Comme lors de chaque période d’alerte cyclonique, la question se pose : les salariés doivent-ils être à leur poste de travail, ou est ce que la consigne « Protégez-vous ! » les dispense de cette obligation ?
Impossible de compter sur la Préfecture pour lever les doutes.
 

Nadine Fadel
Publié le , mis à jour le


Les actifs Guadeloupéens – ceux du privé, pas ceux du public – sont dans le flou : ont-ils l’obligation d’aller au travail, ou est-ce que, de fait, le déclenchement de la vigilance ROUGE, sous-titrée « Protégez-vous ! », les autorise à rester chez eux, à l’abris ?
La question fait son retour, notamment sur les réseaux sociaux, comme à chaque période d’alerte cyclonique.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’ambiguïté est entretenue – volontairement ou pas – par le préfet qui, en réalité, ne peut s’immiscer dans les relations entre un employeur et ses employés.
Et son propos, en effet, est contradictoire.

CE QUI EST ECRIT :

Dans les communiqués émis par la préfecture, hier, le déclenchement de la vigilance cyclonique ROUGE est associé notamment aux consignes suivantes :
Pour ce qui est des mesures individuelles
Rejoindre votre habitation, ou un abri pour votre protection, en regroupant, autant que possible, les membres de votre famille et y demeurer ;
Eviter tous déplacements
Pour ce qui est des mesures collectives 
Tous les établissements publics et privés doivent être fermés, avec mise en œuvre de toutes les mesures de protection, en libérant les personnels.
Le clou est enfoncé, ce jeudi 13 septembre, dans la matinée, lors de la diffusion d’un nouveau communiqué :
 

Communiqué de la préfecture de la Guadeloupe
© Préfecture de la Guadeloupe/

CE QUI EST DIT :

Mais ne voilà t-il pas que le Préfet de la région Guadeloupe a tenu des propos déroutants, ce mercredi 12 septembre 2018, dans le journal du soir, de la « Guadeloupe la 1ère, télé », présenté par Laetitia BROULHET :
 

ALORS POURQUOI CE DOUBLE DISCOURS ?

Le double discours s’explique peut-être, par le fait qu’il faille laisser les dirigeants d’entreprises libres de la gestion de leurs ressources humaines.
Il laisse supposer, par ailleurs, que les consignes de sécurité sont des préconisations, qui appellent à la « responsabilité de chacun », car des vies sont en jeu… non des exigences.
Mais s’il n’y a pas d’interdiction formelle, l’ouverture des entreprises est autorisée.

Le fait est que la DIECCTE (la direction régionale, des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) est à chaque épisode similaire sollicitée pour arbitrer des litiges, entre employés et employeurs, certains patrons opérant, parfois, des retenues sur salaire, pour les jours non-travaillés, ou négocient des récupération sur les jours de congés. Patrons qui enregistrent des pertes sèches, pour ces jours d’activité perdus.

Des procédures « très complexes », nous ont informés les inspecteurs du travail, qui méritent d’être abordées dans un contexte serein. Elles portent sur la façon de traiter les absences, dans de tels contextes particuliers.

QUOIQU’IL EN SOIT…

Chacun fait donc à sa guise.

Les rues de Pointe-à-Pitre étaient désertes, ce jeudi, comme l’a constaté Laurence THEATIN. Tous les rideaux étaient baissés.

En revanche, Le CHU de la Guadeloupe réitère son appel aux personnels planifiés, pour la relève de l’après-midi. Ce personnel est appelé à rejoindre « Impérativement »  le centre hospitalier universitaire de la Guadeloupe, à 12h30. Il doit aussi prendre toutes les dispositions nécessaires, en cas d'évolution du phénomène.