Seine-Saint-Denis : une mère martiniquaise porte plainte contre un foyer pour handicapés

violence jeune martiniquais
© La 1ère

Monique a porté plainte contre la Maison d'accueil spécialisée des Pavillons-sous-Bois (93), après avoir reçu une vidéo montrant des maltraitances sur son fils. D'autres parents ont également rapporté des violences et une enquête a été ouverte. Le centre a été placé sous administration provisoire.

Marie Boscher
Publié le , mis à jour le

Des hématomes, des brûlures et des menaces, voilà ce qu’aurait subi Kevin*, 29 ans, dans un foyer pour handicapés des Pavillons-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). "Je trouvais mon fils agité, mélancolique, il pleurait, il n'avait pas dormi", raconte Monique, sa mère. "Je posais des questions mais il ne disait rien, il pleurait, comme s'il avait peur." C’est grâce à une vidéo filmée en caméra cachée et envoyée anonymement qu'elle a pu découvrir les maltraitances.

Là, cette mère de famille martiniquaise reconnaît les cris de douleur de son fils, frappé avec un bâton par un des accompagnants. Sur la vidéo, que la 1ère a pu consulter, l'un des accompagnants s'énerve contre Kévin, le menaçant de lui "péter les dents". On entend le jeune homme pleurer alors que l'éducateur lui intime d'avancer.
 

Mon fils dit "pardon" parce qu'il ne comprend pas pourquoi on le tape. Il dit "pas taper, pas méchant" et il lui répond "je vais t'exploser".


Monique reçoit également des photos de blessures, des bleus et ce qui semble être une brûlure de cigarette sur le pied. 
 
blessure tedric
© La 1ère
 

"Il va arriver quelque chose de grave" 

En effet, lorsqu'elle récupère Kevin pour le week-end à la fin du mois de juin, Monique remarque des hématomes volumineux sur ses cuisses, sur ses fesses. Elle revient au centre pour demander des explications. "L'éducatrice que je rencontre me dit qu'ils sont toute une équipe à taper les résidents. Elle m'a dit "faites quelque chose, madame, sinon j'ai peur que quelque chose de grave arrive à votre enfant"", raconte Monique. Dans la foulée, une personne la contacte sur Facebook pour lui envoyer la vidéo.

"Avant mon fils était marqué, on me faisait croire que c’était des hématomes du à un problème de plaquettes à cause de son traitement lourd", explique-t-elle. "Je me disais que ça pouvait arriver." Mais avec les photos et la vidéo, plus de doute. Le lundi, elle vient récupérer son fils et l'emmène porter plainte. Le médecin chargé de constater les blessures prescrit 10 jours d'ITT à Kevin.
 
blessure tedric 2
© La 1ère
 

Treize signalements

Kevin a été placé dans cette structure associative en 2014, en raison de troubles du spectre autistique, après quatre ans de démarches. Là, il est près de sa famille et tout semble bien se dérouler. Mais d'après Monique, les directions se succèdent tout comme les démissions d'éducateurs. 

Depuis 2016, 13 signalements ont été déjà effectués contre la MAS des Pavillons-sous-Bois auprès de l'Agence régionale de santé (ARS). En août dernier, d'après Le Parisien, Hélène Ripolli porte plainte pour violences habituelles après que son fils Arnaud a été brûlé au second degré dans cet établissement. Deux autres mères ont également déposé plainte auprès des autorités. L'éducateur présent sur la vidéo reçue par Monique a été mis à pied.
 

Maltraitance confirmée

Contactée par La 1ère, la MAS des Pavillons-sous-Bois nous a indiqué avoir "fait les signalements nécessaires" auprès de l'ARS et de la police et être dans l'attente des réponses des autorités. De son côté, l'ARS a mené une enquête suite à la plainte de Monique, Elle "a permis de confirmer les actes de maltraitance à l’encontre d’un résident et a mis en évidence d’importantes carences en personnel." L'établissement a été placé le 30 juillet sous administration provisoire. 

*Le prénom a été modifié