Saint-Martin: "Pour obtenir une fenêtre, il faut 4 mois"

Philippe Gustin
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La reconstruction se poursuit à Saint-Martin, plus de 4 mois après l'ouragan Irma qui a dévasté l'île, malgré des difficultés concernant notamment les assurances et la livraison de matériaux. 

La1ère (avec AFP) Publié le , mis à jour le

"Aujourd'hui pour obtenir une fenêtre il faut quatre mois", a expliqué mardi à l'AFP le délégué interministériel à la reconstruction, Philippe Gustin, en raison d'un problème de "fluidité de la livraison de matériaux" pour la reconstruction.

Avant l'ouragan, ces livraisons se faisaient majoritairement via le grand port de Philipsburg, dans la partie néerlandaise de l'île, très touché par l'ouragan et qui n'a pas encore retrouvé toutes ses capacités logistiques.

Pour Philippe Gustin, il faut désormais travailler pour "envisager un maximum de rotations vers le port de Galisbay", dans la partie française, plus petit en termes de capacités mais moins endommagé. "Cela suppose que les transporteurs acceptent" de faire dérouter une partie du trafic vers ce port. Philippe Gustin et le président de la collectivité Daniel Gibbs vont recevoir tous les deux les compagnies de transport dans les prochains jours à ce sujet.

Trois semaines pour dépêcher les experts sur place

"On a intérêt à être le plus autonome possible", insiste M. Gustin, évoquant "l'arrivée massive de matériaux", bois, tôles et fenêtres pour la reconstruction dans les prochaines semaines et les prochains mois. Celle-ci a déjà commencé, mais elle était jusqu'alors freinée dans l'attente des nouvelles règles d'urbanisme post-Irma, qui ont été présentées mercredi dernier par la collectivité de Saint-Martin, pour les deux ans à venir.
La reconstruction a également été rendue difficile par le retard pris par les assureurs pour les indemnisations, a rappelé Philippe Gustin.

Un retard notamment lié aux difficultés rencontrées par les experts pour se rendre dans l'île après l'ouragan et les deux autres qui ont suivi, José et Maria. Par manque de liaisons aériennes ou maritimes, et par manque de logements sur place, "il a fallu trois semaines avant que les compagnies arrivent à dépêcher les experts", a-t-il rappelé.

Dix mille maisons impactées

Difficulté pour le BTP local à faire face à l'ampleur des demandes de devis, multitude de copropriétaires à retrouver et affluence de contre-expertises ont aussi ralenti le processus. "Il faut que les assurances s'engagent sur un calendrier", note M. Gustin.  "La saison cyclonique redémarre officiellement au 1er juillet", rappelle-t-il. "Il faut que les artisans soient à pied d'oeuvre pour sécuriser les bâtiments".

Au total "10.000 maisons ont été impactées" à Saint-Martin par Irma, à des degrés divers. Ce sont les toits de tôle qui ont été le plus touchés. "Beaucoup de tôles se sont envolées, on en retrouve partout, même dans la mer", a souligné M. Gustin.

Un "guide des bonnes pratiques" en matière de reconstruction doit voir le jour d'ici la fin mars, à destination des architectes, des artisans mais aussi des particuliers, notamment pour mieux arrimer ces toits.

Pour éviter les problèmes de coupures de lignes électriques et de coupure de réseaux de téléphonie rencontrés pendant l'ouragan, les lignes commencent à être enterrées, a précisé M. Gustin. Symboliquement, le premier enfouissement de ligne a eu lieu à Grand case, quartier particulièrement touché.