Des ruches connectées pour sauver les abeilles : l’idée du Polynésien Kevin Besson fait mouche

Leadbees
© ALB | Après deux ans de travail, Kevin Besson a officiellement lancé Leadbees.

Après deux ans de recherches et de tests, Kevin Besson vient officiellement de lancer "Leadbees", un système de gestion de ruches à distance grâce à des capteurs et une plateforme numérique. Si le projet est né à Tahiti, c'est dans l'Hexagone que le trentenaire poursuit l'aventure.

Angélique Le Bouter
Publié le , mis à jour le

Orange et jaune comme le miel et les abeilles, de forme hexagonale comme leurs alvéoles… C’est tout ce qu’on verra de ce boîtier en plastique qui tient dans la main. A l’intérieur, toute la technologie nécessaire pour étudier les ruches, l’activité des abeilles et, ainsi, accompagner les apiculteurs dans la gestion durable de leurs colonies.

Leadbees
© ALB | A 31 ans, le polynésien Kevin Besson lance LeadBees, un système de gestion à distance des ruches qui pourrait aider à préserver les abeilles.
 

Sensibiliser à la protection des abeilles

Ce secret bien gardé, c’est celui de Kevin Besson. Ce Polynésien de 31 ans a mis au point un système de surveillance et de gestion de ruches à distance. A l’aide de son petit capteur, il peut collecter toutes sortes d’informations : la température, l’humidité, le niveau sonore, le mouvement… Les données sont envoyées automatiquement vers une plateforme en ligne qui délivre des conseils d’amélioration.

"Ces données, on va pouvoir les collecter sans perturber les abeilles et on va pouvoir avoir une visibilité sur ce qu'il se passe dans la ruche, à distance, sans se déplacer." De quoi faciliter le travail de l’apiculteur dont les ruches peuvent être disséminées sur un territoire étendu, voire difficile d’accès. Il peut ainsi être informé rapidement d’un changement inattendu : le développement de moisissures ou d’un parasite, une branche tombée sur sa ruche ou encore le vol de ses colonies.
 

Un partenariat avec le CNRS

À l’échelle de l’apiculteur local ou dans un travail de suivi international, les ruches connectées ouvrent des perspectives pour la protection de l’abeille menacée par les pesticides et le changement climatique. Le projet intéresse, d’ailleurs, le CNRS, le Centre National de Recherche Scientifique. "Le problème des abeilles est international, celui des pertes d'abeilles lié au changement climatique est global aussi, explique Lionel Garnery, maître de conférence à l’université de Versailles. Donc il faut avoir des réseaux de suivi et ces appareils-là sont importants."
Lionel Garnery
© ALB | Chercheur au CNRS, Lionel Garnery est aussi le président de la Fédération européenne des conservatoires de l'abeille noire.

Avec ce projet, Kevin Besson a pu lier deux de ses passions : d’un côté l’informatique et l’électronique, domaine de ses études, de l’autre la nature et le développement durable, héritage familial. Le jeune homme est issu d’une famille d’agriculteurs, son grand-père avait quelques ruches à Faa’a sur l’île de Tahiti.

Je me suis demandé ce que je pouvais faire pour aider les apiculteurs en Polynésie française.

-Kevin Besson


"La Polynésie est un territoire parfait pour faire de l’apiculture, explique fièrement Kevin. Aujourd'hui, le fenua est l'un des rares territoires qui est exempt du varroa destructor, un acarien qui parasite aujourd'hui les colonies d'abeilles. Et puis surtout parce qu'on a la chance d'avoir un merveilleux climat en Polynésie."
 

De Tahiti à l’hexagone

Si l'idée est née à Tahiti, c'est en plein cœur de Paris que Kevin Besson a pu développer son entreprise. Dans l'Hexagone, le Polynésien a trouvé les partenaires qualifiés dont il manquait en Polynésie. "C'est allé beaucoup plus vite que si j'étais resté à Tahiti. On a monté des partenariats, développé notre prototype industriel, explique-t-il, son ordinateur portable sur les genoux. Quand on a un problème, quand on a un besoin spécifique, on a juste à traverser le couloir ou à prendre le métro et on arrive chez notre partenaire."

Coup de pouce supplémentaire : Kevin a bénéficié d’un programme d'accompagnement d'un an au sein de Station F, gigantesque "campus de start-ups". Avec son réseau, ses espaces de travail et ses ateliers de formation, le programme "Fighters" aide les entrepreneurs issus de milieux sociaux moins privilégiés ou éloignés de l’Hexagone à faire croître leur projet. Fort de cet accompagnement, le Polynésien a reçu, en novembre dernier, le prix coup de cœur de l’innovation Outre-mer, concours organisé par Outre-mer Network.

Regardez le reportage de France Ô - La 1ère :