La Réunionnaise Lou Lubie auteure d’un roman graphique à l’heure du numérique

Manon Desveaux et Lou Lubie
© DR | Manon Desveaux et Lou Lubie

Lou Lubie et Manon Desveaux viennent de publier La fille dans l’écran. La jeune auteure réunionnaise installée au Canada livre un roman graphique très poétique à quatre mains.
 

Cécile Baquey
Publié le , mis à jour le

Lou Lubie s’est livrée à une expérience originale : écrire un roman graphique véritablement à deux. La construction de La fille dans l’écran est à la fois originale et simple. A gauche, Coline réfugiée chez ses grands-parents à Périgueux est dessinée par Manon Desveaux. A droite, Marley installée au Québec avec son petit ami prend vie sous la plume de Lou lubie.
 

Récit épistolaire

Par hasard, Coline contacte par mail Marley. Elle a été séduite par les photos du Québec mises en ligne par la jeune femme. Les deux personnages entrent alors en communication. Rien à voir avec les récits épistolaires et romantiques du 19e siècle. Et pourtant si. Regardez ci-dessous le reportage de FranceÔ/La1ère ci-dessous :
 

 

Addictif

Au fil des courriels, la relation se tisse, l’angoisse apparaît aussi. L’attente du message, la peur de l’incompréhension, la distance. Le récit est très réussi. Impossible de quitter ce roman graphique sans l’avoir lu jusqu’au bout. Les deux personnes sont décrites avec soin, chacune ayant ses parts d’ombre.


Récit à distance

Lou Lubie, 28 ans, a embarqué Manon Desveaux dans ce projet. Elles ont écrit à deux cette histoire qui leur ressemble un peu, mais pas totalement. Comme leurs personnages, elles vivent à distance. L’une au Canada, l’autre à Paris. Toutefois elles ont travaillé ensemble pendant trois mois au Québec avant de poursuivre l’aventure par écran à distance comme Coline et Marley.  
 

Une histoire d'amour

"C’est drôle car on a du se quitter au moment où enfin les deux personnages se rencontrent", précise Manon Desveaux. Une histoire d’amour se tisse alors entre les deux héroïnes qui n’est pas autobiographique précise Lou Lubie. "On voulait écrire sur deux personnes qui se découvrent. Il se trouve qu’on a choisi deux femmes car c’était plus simple pour nous d’écrire comme une femme ! Ce n’était pas une thématique que l’on voulait revendiquer", explique-t-elle à La1ère. 
 

Une BD de vulgarisation scientifique

En revanche, le personnage de Coline dessinée par Manon Desveaux, rappelle un peu la fragilité qui longtemps habité Lou Lubie. Coline souffre de phobie scolaire. Or avant d’écrire La fille dans l’écran, la jeune réunionnaise a publié Goupil ou face, une BD de vulgarisation scientifique sur la cyclothymie, "un trouble de l’humeur faisant partie de la famille des maladies bipolaires".
 

Pédagogie

Lou Lubie a connu cet état. "J’ai connu mes premiers troubles à La Réunion. Quand j’ai été moi-même enfin diagnostiquée bipolaire, je me suis rendue compte que c’était très difficile de trouver de l’info en particulier sur la cyclothymie dont je souffrais. Je me suis plongée dans de multiples publications scientifiques. Je me suis dit que je pouvais apporter des informations en faisant œuvre de pédagogie".
 

Deux romans et trois BD

Pari réussi. Goupil ou face est la BD qui a le mieux marché aux éditions Vraoum ! Lou Lubie (c’est un pseudonyme) a vécu jusqu’à l’âge de 17 ans à La Réunion. Toute sa famille s’y trouve. Au départ, elle voulait devenir écrivain. Mais très vite, sa maison d’édition locale lui a proposé d’écrire un scénario de BD. La jeune femme a alors sauté le pas. Arrivé dans l’Hexagone pour faire ses études, elle avait déjà publié deux romans et trois BD.
 

Des projets

La jeune femme ne compte pas en rester là.  La fille dans l’écran va sortir au mois d’avril en italien et en québécois. Et Lou lubie espère bien écrire prochainement un nouveau roman graphique avec Manon Desveaux avec qui elle a vraiment aprécié de travailler.