Un nouveau coup de frein pour la NRL

Carrière de Bellevue 061018
© Réunion la 1ère

La commission d’enquête publique a émis un avis défavorable à l’exploitation de la carrière de Bellevue. Le site ne posséderait pas suffisamment de roches massives pour la NRL et il serait aussi trop proche des habitations. 
 

Alexandre Grondin
Publié le , mis à jour le

La Région et le groupement pour la Nouvelle Route du Littoral ont subi un nouveau revers. A la recherche de roches massives pour finir la digue reliant la Grande Chaloupe à la Possession, la Région Réunion cherchait à exploiter la carrière de Bellevue à la Saline-les-Bains.

Selon la commission d’enquête publique du 11 mars 2019, cette dernière ne permettrait pas de boucler les travaux de la Nouvelle Route du Littoral : il n'y aurait pas suffisamment de roches massives de plus d'une tonne. Pour les commissaires enquêteurs, l’exploitation de la carrière de Bois Blanc permettrait à elle seule de fournir ces roches pour la réalisation de la digue. Pour pouvoir finir cet ouvrage d'une longueur de 6,7 kms à terme, il faudrait 7,6 millions de tonnes de matériaux, dont 573 762 tonnes de roches massives de plus d’1 tonne. 
 

Un rapport de 71 pages


Dans son rapport de 71 pages, la commission d’enquête et ses 3 membres ont étudié plusieurs paramètres : la justification du besoin en matériaux, l’assurance d’une ressource exploitable, le respect de l’environnement, les accès à la carrière et ses nuisances et la remise en état du site.
20170803 Chantier Nouvelle Route du Littoral
© Gilbert Hoair (Réunion1ère)
 

Un impact environnemental


La commission d’enquête met aussi en avant les impacts environnementaux « non susceptibles d’être réduits ou compensées ». Elle accable, l’étude d’impact du dossier d'enquête initial, qui ne prendrait pas en compte les rejets atmosphériques au-delà du périmètre de sécurité.

Aussi l’exploitant de la carrière, GTOI, n’aurait pas pris en compte les distances de sécurité requises pour les tirs de mines. En effet, il faudrait une distance de 500 mètres de largeur minimum. Or des habitations se trouvent à moins de 300 mètres de la carrière de Bellevue.

Autre point négatif, les nuisances causées par le trafic des camions sur les résidents proches de cette voie et sur les automobilistes circulant sur cette route jusqu’à l’échangeur de la Route des Tamarins.

Pour finir, la commission d’enquête s'interroge sur "les cicatrices durables" que pourrait avoir cette carrière dans le paysage de cette commune touristique.

Au vu de tous ces éléments, la commission d’enquête a donc émis un avis défavorable. Cet avis reste consultatif, c’est le Préfet qui pourra décider de l’autorisation d’exploiter ou non de la carrière. Il ne s'est pas encore prononcé.

Carrière de Bellevue les écologistes satisfaits mais vigilants

Dans communiqué, Europe Écologie Les Verts se dit satisfait de l'avis des trois commissaires enqûeteurs mais rappelle sa ferme opposition à la digue de la NRL.

Jean-Pierre Marcheau se félicite que "toutes les instances environnementales locales et nationales ont, elles aussi, émis un avis défavorables". Il rappelle que lors de l'enquête publique du 11 juin "sur 283 observations recueillies, seules trois sont pour la carrière".

EELV demande donc à la Région de faire procéder dans les plus brefs délais à une expertise globale indépendante. Cette dernière avait déjà été demandée par le Conseil National pour la Protection de la Nature (CNPN) le 21 décembre dernier et figure aussi dans l'ordonnance du juge des référés du Tribunal Administratif, le 29 avril.