« Qui peut vivre avec moins de 1.000 € par mois ? » (Matthieu Hoarau, Fondation Abbé Pierre)

Matthieu Hoarau, Fondation Abbé Pierre
© Philippe Dornier

40% des Réunionnais vivent sous le seuil de pauvreté. Trois fois plus qu’en métropole, en moyenne. Au lendemain de la publication de ces chiffres de l’INSEE, Matthieu Hoarau, le directeur régional de la Fondation Abbé Pierre, était l’invité de la matinale radio sur Réunion La 1ère.

Philippe Dornier Publié le , mis à jour le

« La pauvreté est durablement installée à La Réunion. Elle est partout » constate Matthieu Hoarau. « Qui peut vivre avec moins de 1.000€ par mois ? C’est compliqué de gérer des budgets extrêmement contraints. Des gens vivent avec moins de 500€ par mois. Quels choix on fait pour se nourrir, se loger, s’habiller, se déplacer ? »


Question de survie

« On privilégie les choix qui permettent de survivre » poursuit le représentant local de la Fondation Abbé Pierre. Les priorités ? « Rester digne, payer sa facture d’électricité, son loyer. » Dans le pire des cas, des ménages sont « menacés d’expulsion, des jeunes se retrouvent à la rue, et même en ayant un travail se retrouvent à dormir dans leur voiture. »

Dignité et prestations sociales

Pour un Réunionnais sur 4, les prestations sociales constituent la première source de revenu. « Il faut les regarder comme un investissement dans la solidarité, et leurs effets positifs : elles permettent à un certain nombre de personnes de garder la tête hors de l’eau. Sans ces aides sociales, les conséquences seraient encore plus dramatiques qu’aujourd’hui. »

Pognon de dingue ?

A Emmanuel Macron qui dit qu’on dépense un pognon de dingue dans les minimas sociaux, sans résultat, Matthieu Hoarau répond : « Ce pognon de dingue, il est dépensé parce qu’il y a une augmentation de la pauvreté. Des choix sociétaux contribuent à cette précarité. Tant qu’on n’aura pas des politiques gouvernementales et locales à la hauteur des enjeux, un certain nombre d’individus se retrouveront à vivre dans la pauvreté. »