Plus de désherbant au glyphosate dans les jardins de La Réunion

Plus de désherbant au glyphosate dans les jardins
© Michelle Bertil

La Réunion importe chaque année 50 tonnes de produits phytosanitaires : pesticides ou fongicides. Depuis le 1er janvier 2019, le particulier ne peut plus en acheter en commerce ou en magasin spécialisé pour désherber son jardin.

Michelle Bertil Publié le

Depuis le 1er janvier 2019, le particulier ne peut plus acheter, en commerce ou en magasin spécialisé, de pesticide ou de produit de synthèse pour désherber son jardin ou les pourtours de sa piscine. Il risquerait une amende et même une peine de prison. Il vaudrait mieux ramener ces produits souvent à base de glyphosate en déchetterie.

Regardez le reportage de Michelle Bertil et Daniel Fontaine : 

 

Le glyphosate autour des champs de cannes

Les collectivités ne les utilisent plus pour l’entretien des espaces verts et des espaces publics depuis quatre ans. Aujourd’hui ces pesticides d’origine chimique qui contiennent notamment du glyphosate sont aussi interdits de jardins.

La molécule de glyphosate, classée cancérigène est au cœur d’un scandale mondial, elle sera définitivement retirée du marché français en 2022.
A la Réunion, les produits phytosanitaires sont surtout utilisés dans la remise en état des chemins qui bordent ou mènent aux exploitations. Ils servent à tuer les mauvaises herbes dans les vergers et les cultures maraîchères. "J’utilise le glyphosate que sur les chemins et les abords d’exploitation. C’est un herbicide total, quand il détruit, il détruit toutes les cultures", insiste Bruno Robert, Président du CDJA : la Confédération des Jeunes agriculteurs qui possède 5 hectares de cannes à Sainte-Anne dans l’est de l’île.
 
Plus de désherbant au glyphosate dans les jardins
© Michelle Bertil
 

"Agriculteurs, empoisonneurs"

Très concerné par la problématique du glyphosate, l’agriculteur et responsable syndical voudrait qu’il y ait plus de communication entre le monde agricole et les consommateurs. "On veut interdire le glyphosate sans proposer de solutions. Ca nous touche d’entendre dire dans les médias à longueur de journée que les agriculteurs sont des empoisonneurs", dit il.
 

50 tonnes de produits phytosanitaires par an

L’île importe chaque année 50 tonnes de produits phytosanitaires : pesticides ou fongicides. Le glyphosate représente pour sa part, un tiers des ventes d’herbicides. "Tous ces produits sont potentiellement dangereux", rappelle Didier Vincenot, ingénieur agronome à la Chambre d’agriculture où l’on encourage les professionnels à produire autrement, en utilisant le moins possible de chimie.

Lors des formations, on initie les agriculteurs aux méthodes alternatives en espérant qu’ils soient de plus en plus nombreux à passer au désherbage mécanique. L’avenir est à l’agro-écologie

La vente de produits phytosanitaires est d’ailleurs en baisse, on constate une diminution des importations de pesticides depuis baisse depuis 4 ans .