Plan eau : la Casud signe un contrat de progrès relatif à l’eau potable et à l’assainissement

Robinet eau potable
© Carrotmadman6

La Casud a signé hier le premier contrat de progrès relatif à l'eau potable et à l'assainissement avec l'Etat, La Région et le Département. Objectif : arriver à réduire la facture de l’eau en créant des usines de potabilisation et en améliorant le réseau d’assainissement.
 

Annabelle Boyer avec Indranie Pétiaye Publié le , mis à jour le

Dans le cadre du "plan eau Dom", les collectivités d'outre-mer compétentes pour la gestion de l'eau potable et de l'assainissement doivent signer un contrat de progrès. Telle est l'exigence formulée par les ministres chargés de la transition écologique et des outre-mer dans une note adressée aux préfets. A défaut, les services de l'Etat ne mobiliseront plus de crédits d'investissement.
 

Signature du premier contrat de progrès dans l’île

A La Réunion en 2015, 52% de la population réunionnaise ne bénéficiaient pas d’une eau potable en continue. Une situation due à un retard structurel dans la construction d’usines de potabilisation. L’objectif est que 84 % des usagers boivent une eau du robinet potable en 2020 après la phase de travaux en cours, 100% d’ici 5 ans.

Dans cet objectif, la Casud (qui regroupe les communes de Saint-Philippe, Le Tampon, Saint-Joseph et L'Entre-Deux,) a signé en préfecture, ce mercredi 3 juillet 2019, le premier contrat de progrès du territoire relatif à l'eau potable et à l'assainissement. Contrairement à ses consœurs, l’intercommunalité avait récupéré ces compétences depuis 2010 déjà. Les communes ayant pour obligation de les transférer aux EPCI (Etablissement public de coopération intercommunale) avant le 1er janvier 2020. Dans ce cadre, la Casud a pris les devants en construisant une usine de potabilisation sur son territoire. « Avant la fin de l’année prochaine, la première usine de potabilisation, qui permettra à la population de Saint-Joseph, du Tampon, de l’Entre-Deux et de Saint-Philippe de bénéficier d’une eau de grande qualité - identique à l’eau qu’on achète, sera finie », certifie André Thien-Ah-Koon, le président de la CASUD.
 

Assainir l’eau… et stopper les fuites sur le réseau

Autre objectif du contrat de progrès est de réduire la perte en eau sur le territoire.
 

« Les canalisations c’est un problème au sens large. Aujourd’hui on a des rendements de réseaux à La Réunion qui sont insuffisants. C’est-à-dire qu’on a 6 litres d’eau qui arrivent au robinet quand on en prélève 10 dans la nature. Il faut remplacer les canalisations là où il y a de grandes fuites », explique Manuel Rodick, chargé de mission à la DEAL. « Mais c’est quelque chose qui coûte énormément d’argent ».


Sur le Tampon, par exemple, André Thien-Ah-Koon, le maire de la ville, explique qu’il y a « 1000 kms de canalisations galvanisées » et « qu’il y a des fuites partout ». « 40% de perte », assure-t-il.

Alors pour mettre en œuvre ses projets de potabilisation et d’assainissement, la Casud bénéficie d’une enveloppe de 134 millions d’euros. Des travaux qui ne devraient « pas peser trop lourd » sur la facture des abonnés, assure le préfet.
En 2018 un foyer réunionnais a payé en moyenne 2,33 euros le mètre cube d’eau contre 2,19 euros en 2017, soit +6,2% de plus en un an.

La Cinor, la Cirest, la Civis et le TCO, qui récupéreront les compétences eau potable et assainissement d'ici le 1er janvier 2020, devraient également signer leur Contrat de projet avant la fin de l'année. 

A terme, il s’agira de sortir de la zone rouge les 15 communes identifiées par l’ARS. Parmi elles, Bras-Panon, Salazie ou encore Saint-André. Ce qui permettra aux abonnés d’avoir une eau de bien meilleure qualité au robinet et une diminution des coupures sur le réseau.