Migrants sri-lankais : existe-t-il une filière organisée dans l’Océan Indien ?

Un nouveau bateau de migrants sri-lankais a accosté à La Réunion.
© Mélodie' Nourry

Au lendemain de l’arrivée d’un nouveau bateau avec sept migrants sri-lankais à bord, la préfecture de La Réunion estime "qu’une ou des filières d’immigrations irrégulières se sont organisées depuis le Sri Lanka". Plusieurs demandes d’asiles sont en cours.

LP / STD Publié le , mis à jour le

En moins d’un an, quatre bateaux de migrants sri-lankais sont arrivés à La Réunion et un cinquième a été intercepté au large de Colombo au Sri-Lanka. Peut-on parler de filière organisée aujourd’hui ? Selon la préfecture de La Réunion, c’est bien le cas. "A l’évidence, l’arrivée successive de plusieurs bateaux venus du même pays indique qu’une ou des filières d’immigrations irrégulières se sont organisées depuis le Sri Lanka avec pour objectif une immigration irrégulière en France", estime Frédéric Joram, secrétaire général de la Préfecture de La Réunion.
 

Lutter contre ces filières criminelles

Les services de la préfecture de La Réunion affirme être "extrêmement vigilants". "Nous travaillons en étroite collaboration avec les autorités sri-lankaises résolues à lutter contre ses trafics d’êtres humains, affirme Frédéric Joram, secrétaire général de la Préfecture de La Réunion. Il ne faut jamais oublier que ces filières d’immigrations irrégulières sont avant tout des filières criminelles qui exploitent de manière ignobles la misères humaines et mettent des vies en danger".
 

Des filières organisées depuis le Sri-Lanka ou ailleurs ?

Les services de l’Etat envoient un "signal de fermeté" et affirment que la lutte contre ces filières "relève de l’autorité du procureur de la République qui, s’appuyant sur les services d’enquêtes, mène les investigations nécessaires pour éradiquer ces filières, où que leurs représentants se trouvent, au Sri Lanka ou ailleurs", poursuit Frédéric Joram.​

Regardez les précisions de Sufati Toumbou Dany et Daniel Fontaine :
 

Quatre bateaux arrivés

Cette année, un premier bateau de migrants sri-lankais est arrivé à La Réunion au mois de mars avec six personnes à bord. Toutes ont demandé l’asile. L’une d’entre elles est repartie volontairement au Sri Lanka il y a quelques jours. Pour les autres, la préfecture affirme que les procédures de droit d’asile sont en cours. Au mois d’octobre, un second bateau arrive avec huit hommes à bord. Tous sont acheminés au Sri Lanka immédiatement après leur arrivée.

Le 14 décembre, un bateau de pêche transportant 62 personnes, dont 18 femmes et enfants, accoste au Port Est. Toutes ces personnes ont demandé l’asile et leurs procédures sont en cours. 48 dossiers ont été réceptionnés et traités, les autres le seront d’ici la fin de la semaine. Ce mercredi 26 décembre, sept hommes sont arrivés à La Réunion à bord d’un nouveau bateau. Depuis 24 heures, ils sont tous placés en zone d’attente, et font les démarches pour demander l’asile.
 

Quelle prise en charge pour les demandeurs d’asile ?

Une fois leur demande enregistrée, tous les demandeurs d’asile sont hébergés par l’Etat qui est dans l’obligation de leur proposer un logement. "Ils sont hébergés pendant la durée de l’instruction de leur demande d’asile, rappelle le secrétaire général de la Préfecture de La Réunion. Ils ont 21 jours pour formaliser leur demande et la transmettre à l’Office Français de Protection des Réfugiés Appatrides (Ofpra) qui les examinera dans les semaines qui viennent".