La Réunion : licenciée, la victime d’un harcèlement sexuel enfin réhabilitée

Toubon défenseur des droits
© Francetvinfo

Le défenseur des droits vient de réhabiliter une employée victime de harcèlement sexuel. La jeune réunionnaise a été licenciée en 2013 pour accusation mensongère. L’enquête vient de démontrer l’inverse. Les Prud’hommes rendront leur jugement en Juillet.

Fabrice Floch
Publié le , mis à jour le

Fin 2013, le licenciement pour accusation mensongère de cette conseillère clientèle au sein d’une entreprise nationale spécialisée dans la téléphonie était passée inaperçue.
Embauchée en 2004, la jeune réunionnaise n’avait jamais eu le moindre problème au sein de cette société pendant 9 ans.  Pourtant, tout dérape en Juillet 2013. Depuis plusieurs semaines un collègue multiplie les gestes et tient des propos à caractère sexuel. Après avoir tenté en vain de lui faire entendre raison, la victime du harcèlement sexuel écrit à la direction des ressources humaines.
 
Des réactions incompréhensibles
 
Ce mail met le feu aux poudres. L’auteur des gestes et des allusions salaces est rappelé à l’ordre après une enquête interne, mais la conseillère clientèle devient une cible. DRH et syndicat s’évertuent à lui faire payer sa dénonciation. En Septembre 2013, lasse de cette avalanche de blâmes, elle demande à retirer sa plainte afin de calmer les esprits.
Cette démarche déclenche immédiatement une procédure de licenciement pour accusations mensongères caractérisées. Licenciement qui aboutit en Décembre 2013.
 
Les conclusions du défenseur des droits
 
Il aura fallu beaucoup de patience et d’abnégation à cette jeune femme pour être enfin reconnue dans son statut de victime.
Alors que le conseil des prud’hommes doit rendre sa décision concernant ce licenciement, l’ex-employée vient de recevoir la décision du défenseur des droits. Après enquête, Jacques Toubon conclu : « Le licenciement de cette personne est discriminatoire, car consécutif d’une mesure de rétorsion suite à une dénonciation de faits de harcèlement sexuel ». Certes les conseillers des prud’hommes sont indépendants, mais difficiles de faire abstraction des conclusions du défenseur des droits. Vendredi, les avocats de l’ex-conseillère ont présenté les recommandations du sage, ils étudieront l’affaire en Juillet 2016.

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