A La Réunion, le tribunal administratif de Saint-Denis juge illégal le placement à l'isolement de Riad Ben Cheikh. Le détenu est actuellement seul dans sa cellule à la prison de Domenjod à Saint-Denis. 

Jusqu’à présent, l'administration pénitentiaire le considérait comme "une menace pour la sécurité de l'établissement". Elle craignait notamment "un risque d'incitation à la radicalisation auprès des autres détenus". Selon une source proche du dossier, le tribunal administratif estime "qu'il n'y a pas suffisamment de preuve de cette menace". Dans sa décision, le tribunal évoquerait même une "erreur d'appréciation". Décidé dès son incarcération, ce placement à l'isolement avait été dénoncé par l'avocat de Riad Ben Cheikh qui avait attaqué cette mesure devant le tribunal administratif. 
 

Des tweets haineux

Le 23 août dernier, Riad Ben Cheikh avait été condamné à trois ans de prison pour "apologie publique d'actes de terrorisme" par le tribunal correctionnel de Saint-Pierre. L'homme de 44 ans était poursuivi pour avoir posté sur Twitter entre juin et août 2017, des messages faisant l'apologie d'actes de terrorisme. Il avait notamment envoyé des tweets haineux à un journaliste qui a été otage du groupe Etat islamique. Il était aussi poursuivi pour outrage envers agents, lors de son interpellation à son domicile de Saint-Louis, le 2 octobre 2017. 
 

Des contacts avec d'autres détenus à Fresnes 

Quelques jours après sa mise en détention, les enquêteurs avaient déterminé que Riad Ben Cheikh était en contact avec deux détenus, un Camerounais de 28 ans et un Français de 22 ans, soupçonnés d'avoir envisagé un projet d'attentat depuis leur cellule à Fresnes.
 

Six condamnations

Riad Ben Cheikh a déjà été condamné à six reprises. La dernière condamnation remonte à mars 2015. Le tribunal de grande instance de Paris l'avait condamné à trois ans d'emprisonnement, dont un an avec sursis, pour participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un acte de terrorisme. A sa sortie de prison, Riad Ben Cheikh a été assigné à résidence à La Réunion, d'où son épouse est originaire. Cette mesure était arrivée à expiration quelques semaines avant son interpellation pour apologie du terrorisme.