Ce qu’il faut retenir de la visite d’Annick Girardin à La Réunion

Annick Girardin interpellée sur la vie chère, dans les rues de Saint-Denis, jeudi 19 septembre.
© IMAZ PRESS | Annick Girardin interpellée sur la vie chère, dans les rues de Saint-Denis, jeudi 19 septembre.

En visite à La Réunion, quelques semaines avant l’arrivée prévue fin octobre d’Emmanuel Macron, la ministre des Outre-mer, a annoncé 1 000 contrats PEC supplémentaires et s’est exprimée sur la vie chère, l'agriculture et les violences conjugales. Réunion La1ère fait le point.
 

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Deux jours de visite, mais peu d’annonces. Annick Girardin repart, ce vendredi 20 septembre, dans la soirée, à Paris. La ministre des Outre-mer a préparé la venue d’Emmanuel Macron à La Réunion à la fin du mois d’octobre. Cherchant le contact avec la population dans les rues de Saint-Denis hier, elle a tenu à rassurer les Réunionnais sur plusieurs dossiers, et notamment la lutte contre la vie chère.

 

1 000 contrats PEC supplémentaires

Dès sa descente d’avion, jeudi matin, à l’aéroport Roland Garros, la ministre donne le ton : "je veux rapidement faire cette annonce", lance-t-elle. Il y aura 1 000 contrats PEC, Parcours Emplois Compétences, supplémentaires pour La Réunion, et la moitié sera dédiée à la lutte anti vectorielle pour combattre l’épidémie de dengue. 11 000 PEC avaient déjà été alloués, mais 9 500 déjà attribués. La ministre explique que "l’annonce de la réduction du nombre de PEC, a été une communication trop rapide". La semaine dernière, la préfecture de La Réunion avait annoncé la suspension provisoire des prescriptions des PEC.
 

 

L’inquiétude sur le rachat de Vindemia

La lutte contre la vie chère était au cœur de sa visite. A l’issue d’une réunion avec l’OPMR, l’Observatoire des Marges, des Prix et des Revenus, Annick Girardin s’exprime sur le rachat de Vindemia par le Groupe Bernard Hayot. "Il faut accompagner cette vente, car de toute façon elle aura lieu, affirme Annick Girardin. La population a une inquiétude et c’est normal que des élus la relaient auprès du gouvernement. Cette inquiétude est partagée par le gouvernement depuis le premier jour". La ministre explique être vigilante pour "garantir la concurrence, l’emploi" et pour que "cette vente ne se fasse pas au détriment des prix sur le territoire".

Quelques heures plus tard, sur le plateau de Réunion La 1ère, la ministre va plus loin et se dit favorable à un moratoire sur l’ouverture de grandes surfaces à La Réunion. "Je pense qu’il faut faire une pause". "Le moratoire est une pause et on l’arrête lorsqu’il faut reprendre un rythme normal. Là, il y a besoin de prendre du recul", précise la ministre.
 

 

Interpellée par d’anciens "Gilets Jaunes"

Dans les rues de Saint-Denis jeudi, Annick Girardin serre des mains, pose pour des photos et va au contact. Très vite, elle est interpellée par d’anciens "Gilets Jaunes" ayant participé à la mobilisation de novembre dernier. "Dix mois après vos promesses, nous n’avons toujours rien !", lui lance un jeune homme. Piquée au vif, la ministre rétorque : "vous pouvez dire que je ne suis pas à la hauteur des attentes, mais ne dites pas qu’il n’y a rien eu depuis l’an dernier !" La ministre se rend ensuite à la Mosquée de Saint-Denis et prône la cohésion de la société réunionnaise.
Annick Girardin est interpellée par d'anciens "Gilets Jaunes" dans le centre-ville de Saint-Denis.
© Géraldine Blandin | Annick Girardin est interpellée par d'anciens "Gilets Jaunes" dans le centre-ville de Saint-Denis.

 

Huit millions pour l’élimination des radiers

A la Chambre de commerce et d'industrie, Annick Girardin installe le Haut conseil à la commande publique. L'institution existe depuis 2010, mais est en sommeil depuis deux ans. Elle rassemble tous les acteurs de la commande publique, avec à sa tête, Dominique Vienne.

Lors de ce rendez-vous, la ministre annonce des fonds pour accompagner le conseil Départemental et participé à son plan d'élimination des radiers. L'aide devrait s'élever à huit millions d'euros. Le département compte 160 radiers.

 

Des groupes de travail pour l'agriculture

A 8 heures ce vendredi, en réunion à huis-clos, sous une serre, la ministre rencontre les agriculteurs à Montvert, à Saint-Pierre. Attentive aux difficultés de la filière, elle remarque : "il faut que l’on accompagne davantage les éleveurs et les agriculteurs, techniquement pour apporter des réponses rapides".

Face aux problèmes de la leucose bovine, mais aussi de la mouche des fruits, une table ronde se tiendra la semaine prochaine avec le préfet. Les agriculteurs espèrent des solutions à court terme pour pouvoir exporter leurs fruits en fin d’année. La ministre a ensuite visité l’usine Mascarin et les ateliers de sucre et de chocolat, au Port, en fin de matinée. 
 

 

A l'écoute des victimes de violences conjugales

Dans un département où cinq plaintes sont déposées par jour pour violences conjugales, Annick Girardin a rencontré cet après-midi des victimes, à la caserne Beaulieu de Saint-Benoît. Elle s’est aussi entretenue avec des policiers, gendarmes et représentants de la justice, qui lui ont présenté les dispositifs de prise en charge en place dans l’île et les actions de prévention.

La ministre a annoncé le doublement du nombre d'assistantes sociales qui interviennent dans les commissariats et gendarmeries pour aider les enquêteurs dans la prise en charge. Financé par le Département et l'Etat, les postes vont passer de quatre à huit dans l’île. 

 

Rendez-vous en octobre

Si la ministre a fait peu d'annonces pour sa troisième visite à La Réunion, elle a toutefois préparé la visite présidentielle d'Emmanuel Macron. Le chef de l'Etat sera à La Réunion à la fin du mois d'octobre.