"Je souhaite témoigner pour aider les gens, éviter une tentative. C’est aussi une forme de thérapie pour moi", admet Camille* (prénom modifié*). Pourquoi cet anonymat ? "Pour protéger mes proches. Beaucoup de gens ne savent pas que j’ai fait une tentative de suicide. Mes parents ne comprendraient pas que je témoigne, mes enfants non plus. Il y a beaucoup de tabous, j’ai peur d’être jugée, qu’on me dise que je suis égoïste, alors que mon acte était réfléchi".

"Je ne voulais pas faire de mal à mes proches, je voulais en finir"

 
Ecoutez ci-dessous un extrait du témoignage de Camille sur Réunion La1ère : 

Ce contenu n'est pas compatible AMP.


Sans mari et sans travail

Si elle en est arrivée là, c’est parce qu’elle ne trouvait pas de travail, malgré un diplôme d’aide-soignante. "J'’ai eu beaucoup de tristesse dans ma vie, j’ai perdu mon mari quand j’étais jeune", raconte Camille, en citant le départ de son troisième enfant ("mon p’tit dernier") de la maison comme le début de sa dépression. "Je me suis senti plus utile du tout, plus de raison de vivre, le ventre vide. Pour qui j’allais préparer à manger, faire les courses ?"
 

"On peut avoir une écoute"

Depuis, elle, s’est tournée "vers l’Association Prévention Suicide, vers mes parents. Je parle beaucoup avec eux, mais pas de suicide. Je pense pas qu’ils entendraient que j’étais vraiment mal". Camille bénéficie aussi d’un suivi psychologique, en participant à des groupes de paroles à la clinique Les Flamboyants : "Il est question de tout, on peut parler de suicide parce qu’on est entre malades, de comment on s’en sort, de nos loisirs. Pendant longtemps, j’ai pensé que j’étais seule à être dépressive. Là, je me rends compte qu’on est nombreux. On peut avoir une écoute".
 
Ecoutez ci-dessous l'intégralité du témoignage : 

Votre navigateur ne supporte pas le HTML5 audio


Se croit-elle hors de danger ? "Je pense que oui. J’ai des numéros d’appel, des numéros d’urgence, je peux appeler l’association, le psychiatre de garde, la clinique des Flamboyants". La suite, elle l’imagine avec un poste d’aide-soignante : "On peut me faire confiance. Quand je travaille, je suis complètement dans mon travail. Ca me changerait la vie. Il n'y a pas de bonheur sans travail".
 
Pour conclure, Camille s’adresse aux personnes qui traversent une période difficile :
 

"C’est pas parce qu’aujourd’hui on est mal, que demain on sera mal. Il faut tout le temps penser à demain qui sera beau".