Avocats, pilotes, médecins : la grogne monte contre la réforme des retraites à La Réunion

Les avocats en grève (photo d'illustration).
© Alain Pitton / NurPhoto | Les avocats en grève (photo d'illustration).

Avocats, pilotes de ligne, stewards, hôtesses, infirmières, médecins : les professions libérales manifestent, ce lundi 16 septembre, à Paris contre la réforme des retraites voulue par le gouvernement. A La Réunion aussi, des perturbations sont à prévoir notamment au tribunal.

Nadine Bachelot Publié le

Le chef de l’Etat va avoir du pain sur la planche car la colère gronde. Ce mois de septembre s’annonce très tendu, un septembre noir avec dès aujourd’hui la justice, l’aérien ou encore la santé qui vont battre le pavé.
 

Des conséquences au tribunal

Beaucoup de professions protestent contre la réforme voulue par Emmanuel Macron. "Une remise en cause d’un modèle économique", selon les avocats. D’ailleurs, la quasi-totalité des barreaux de métropole et d’outremer vont se joindre au mouvement pour réclamer l’abandon de la réforme de la retraite. C’est le ras-le-bol qui prime. "Le ras-le-bol de passer d’une réforme à une autre, et cette réforme des retraites va affecter assurément la profession et fragiliser les petits cabinets", disent-ils.

Ce mouvement va impacter les audiences. Les affaires qui seront appelées devant toutes les juridictions ce lundi feront l’objet d’une demande de renvoi de la part des avocats et le bâtonnier ne procèdera à aucune désignation au titre de la commission d’office  ou de l’aide juridictionnelle.
 

Le régime de retraite des avocats

Cette manifestation d’une journée est "un avertissement pour indiquer au gouvernement que ce qui est proposé est absolument inacceptable pour la profession, on nous parle de concertation malheureusement, on a vu avec la réforme de la justice les limites de la concertation", lance Laurent Payen, le bâtonnier du barreau de St Denis qui rejoindra le cortège cet après-midi à Paris.

"Le régime de retraite des avocats, explique-t-il, est un régime totalement indépendant qui ne coûte rien à personne. Bien au contraire. Par exemple pour l’année 2018, notre régime a participé au reversement de plus de 90 millions d’euros au profit d’autres régimes". Il faut savoir que les avocats cotisent beaucoup et longtemps. C’est un régime qui s’autofinance et qui finance les autres. Le bâtonnier ironise : 
 

Aujourd’hui, on voudrait multiplier les cotisations quasiment par deux pour la part de revenu la plus faible pour se retrouver à la fin avec une retraite qui va être diminuée d’un tiers puisqu’elle sera de 80 % du SMIC, soit moins de 1000 euros. On se rapproche presque des minimas sociaux. 

 

La colère des pilotes de ligne

Les pilotes de ligne, eux, annoncent clairement : "ceci n’est qu’un premier coup de semonce". Pour Vivien Rousseau, membre du bureau exécutif du SNPL (syndicat national des pilotes de ligne), lui aussi parti rejoindre la manifestation : "les pilotes sont très motivés, nous sommes près de 85 % à mener le combat". Et même constat :
 

Notre système de retraite complémentaire est autonome et indépendant depuis plus de 70 ans. On n’a jamais coûté un euro à un contribuable. Le SNPL n’est pas opposé à la mise en place d’un régime universel mais demande la possibilité de pouvoir maintenir un régime complémentaire.



Avocats, pilotes de ligne, stewards, médecins, infirmières, le paramédical : toutes ces professions se rejoignent sur la problématique de la retraite. Elles se battent pour maintenir un régime complémentaire adapté aux spécificités du métier. "Un pilote de ligne ne pourra jamais travailler 42-43 ans dans un régime classique puisque la profession ne le lui permet pas", indique Vivien Rousseau.
 

Une grève inévitable ?

C’est un véritable front unitaire qui s’organise contre Macron, les manifestants n’ont pas l’intention de céder du terrain au gouvernement car "il n’est pas question de donner les clés du régime à l’Etat qui aura la main sur la valeur du point", selon Vivien Rousseau, très remonté contre cette réforme qui baigne dans un flou artistique.

"Pour l’instant, on ne connaît pas les intentions du gouvernement qui continue à faire la sourde oreille. S’il décide de passer en force comme il l’a fait pour la réforme pénitentiaire, la réforme de la justice, la réforme de l’école, la SNCF et l’assurance chômage, on se dirige vers un conflit", prévient-il. Et il ajoute : "on ne peut pas être les payeurs tout le temps de tous les systèmes". C’est un bras de fer qui s’engage et qui va s’installer dans la durée si le gouvernement campe sur ses positions. La grève sera alors inévitable.
 

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