Arnold Jaccoud : « Ne pas rester muet » sur les violences conjugales

Arnold Jaccoud
© Réunion la 1ère (Philippe Dornier)

Comment expliquer les violences faites aux femmes ? Quelles mesures pour prévenir ce genre de drame ? Au lendemain de la tragédie de la Convenance à Sainte-Marie, éclairage avec Arnold Jaccoud, psychosociologue invité de la matinale sur Réunion la 1ère radio et internet.

Philippe Dornier Publié le , mis à jour le

24 heures après le drame de la Convenance à Sainte-Marie, Arnold Jaccoud, psychosociologue, invité de la matinale, a tenté d’analyser ce meurtre commis par un homme très perturbé à l’encontre d’une étudiante de 19 ans qu’il connaissait depuis 4 mois.

Alors que la mère de la victime porte plainte contre les gendarmes, qui seraient intervenus tardivement, Arnold Jaccoud reconnaît que « de façon générale, on manque de réactivité. Quand des plaintes sont déposées, la plupart du temps, on ne fait rien. »

« Alerter ou se taire ? »

« Quand des voisins entendent des échos, ils ont de la difficulté à intervenir », constate le psychosociologue. « Si le passage à l’acte est annoncé, la responsabilité de n’importe quel citoyen, c’est de le signaler, ne pas se dérober à sa responsabilité sociale. »

Un toxicomane ?

« C’est une hypothèse formulée » à l’égard du meurtrier présumé. » « Ça peut expliquer son geste. La toxicomanie, c’est le symptôme d’un mal-être, avant d’être un problème. » Par ailleurs, notre invité estime qu’ « une personne peut être bizarre sans passer forcément à la violence. »

« J’aime donc je souffre »

Partisan de l’initiative de 3 étudiants, qui proposent des cours gratuits de self-défense féminin, Arnold Jaccoud ajoute que « beaucoup de filles sont encore élevées dans la logique de masochisme victimaire. Elles doivent apprendre à se protéger, à se défendre, à s’affirmer en tant que femme. »