La télémédecine au service de l’insuffisance rénale

Télémédecine
© Aurar | Le docteur Ali Aizel et son patient en duplex entre Saint-Gilles et Cilaos

Un patient dialysé à Cilaos n’a pas eu besoin de se déplacer jusqu’à Saint-Gilles pour consulter son médecin. La visite s’est faite à distance via une connexion en direct. C’est une première à la Réunion.

Annabelle Boyer
Publié le , mis à jour le

Développer la télémédecine dans le traitement de l’insuffisance rénale chronique, l’AURAR en a fait une priorité. Après avoir mis en place en 2010 une télésurveillance pour les patients à domicile en dialyse péritonéale, histoire de leur éviter l’hospitalisation, l’établissement de santé privé a lancé cette année les téléconsultations à Saint-Joseph, au Tampon et dans toutes les structures du Sud de l’île.

36 professionnels formés à la télémédecine

Pour se faire, le plus gros opérateur de dialyse à la Réunion (+50% des patients dialysés) s’est attaché les services et l’expérience de Pierre Simon, le président de la Société française de télémédecine. Objectif : lancer la télémédecine dans le secteur de l’insuffisance rénale après avoir former lui-même les équipes médicales et paramédicales de l’ AURAR soit 36 professionnels au total. Une cellule de 7 formateurs internes a également été constituée afin de démultiplier les formations sur le terrain. « Pour réussir le développement de la télémédecine, explique Pierre Simon, il faut que plusieurs conditions soient réunies : la reconnaissance d'un besoin d'amélioration de l'accès aux soins, des professionnels de santé capables d'écrire un projet médical consensuel pour répondre au besoin, une formation aux bonnes pratiques de la télémédecine, une organisation professionnelle claire et consensuelle qui s'appuie sur le projet médical, un engagement de l'institution qui organise l'activité de télémédecine. »
 
La télémédecine : une réponse aux défis auxquels est confrontée l’offre de soins
 
Car les enjeux relatifs au développement de la télémédecine sont nombreux : accès aux soins facilités, rapidité pour obtenir des avis médicaux, assister à distance un autre professionnel au cours de la réalisation d’un acte, réduction des coûts ou encore bien être des patients. Une petite révolution dans la prise en charge des patients. En revanche, ce dispositif n’a pas vocation à se substituer aux pratiques médicales actuelles. « Il y a une volonté à la fois des professionnels de santé et de la gouvernance de l'Aurar. Ce modèle organisationnel peut servir d'exemple à d'autres projets de l'île », souligne Pierre Simon.
 
L’avenir : étendre la télémédecine dans toutes disciplines médicales
 
Aujourd’hui leader dans le développement de la télémédecine à la Réunion, l’AURAR n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. Dès 2016, il entend mettre en place des téléconsultations dans les structures de l’ouest de l’île, avant de les étendre à Salazie, Saint-Denis, Saint-Leu et Cilaos l’année suivante.
 
Aussi, afin d’encourager l’implantation de la télémédecine dans toutes les disciplines médicales, Marie-Rose Won Fah Hin, directrice générale de l’AURA et Rachid Dekka, président de la Commission médicale d’établissement du Centre hospitalier Gabriel Martin, ont décidé de fonder l’Association régionale de télémédecine. Elle sera affiliée à la Société française de Télémédecine. « La télémédecine est non seulement un formidable levier de croissance pour La Réunion, mais c’est aussi une opportunité intéressante pour toutes les actions de coopération dans le  domaine médical à La Réunion et aussi dans l'Océan Indien » précise Marie-Rose Won Fah Hin.
 

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