La demande de remise en liberté du plus vieux prisonnier de France rejetée

Cazanova Agamemnon
© Christelle Floricourt | Les premiers pas à La Réunion de Cazanove Agamemnon depuis 1985

Casanova Agamemnon, 64 ans, dont 44 années passées derrière les barreaux pour deux homicides, devra renouveler sa demande de mise en liberté. Les magistrats de la chambre de l’instruction ont rejeté sa demande présentée le 27 Juin 2014.

Fabrice Floch
Publié le , mis à jour le

Son retour dans l’île avait été très médiatique. Transféré pour la seconde fois en métropole le 8 Novembre 1988, Casanova Agamemnon foule le sol du département le 25 Mars 2014, après 26 ans d’attente. Réconforté par ce retour, le plus vieux prisonnier de France dépose une demande de remise en liberté. Celle-ci a été examinée le 27 Juin dernier par les magistrats de la chambre de l’instruction. Leur décision est tombée comme un couperet. Elle a été rejetée, nous apprend le Quotidien de ce 15 Août 2014.
Ils motivent leur décision sur le fait que le prévenu ne travaille pas depuis son transfert à la prison du Port et sur une expertise psychiatrique signalant qu’il a peu d’empathie pour ses victimes malgré le temps passé en prison.
 
Deux collèges d’experts
 
Des demandes comme celle de Casanova Agamemnon, la chambre de la cour d’appel de la rue Juliette-Dodu en examine toutes les semaines. Cependant, cette fois, c’est légèrement différent car elle concerne, un détenu condamné à la réclusion criminelle à perpétuité à deux reprises. L’homme a dû se plier à l’examen de deux commissions nationales d’experts qui ont rendu un avis favorable pour une remise en liberté conditionnelle.  
Malgré cet avis, les juges doutent de la sincérité  de Casanova Agamemnon et surtout de sa possible réinsertion.
 
Deux meurtres violents
 
Le parcours judiciaire, du plus vieux détenu de France, débute en 1970. Alors âgé de 19 ans, apprenti cuisinier à Saint-Denis, il tue son employeur de deux coups de couteau. Condamné une première fois à perpétuité par la cour d’assises de La Réunion, il est transféré en métropole où il bénéficie, 15 ans plus tard, d’une semi-liberté. De retour dans l’île, il défraye à nouveau la chronique judiciaire en Février 1986 en abattant son propre frère de deux coups de revolver. Surnommé l’ennemi public numéro 1, il est recherché par toutes les forces de l’ordre de l’île pendant plus de 3 mois. Une cavale au cours de laquelle on lui attribue une tentative de vol et le viol de la femme d’un policier. Deux crimes dont il sera blanchi par la justice.
 
Prisonnier de son image
 
Reste que son nom, sa personnalité, son physique, son bagou et son parcours judiciaire hors normes, lui valent d’être devenu un personnage mythique.
Casanova Agamemnon a déjà fait l’objet d’un documentaire diffusé le 16 Avril 2014 sur Réunion 1ère. Un magazine de 52 minutes qui revient sur la vie particulière de ce Réunionnais.
De nombreuses voix s’élèvent aujourd’hui pour réclamer sa mise en liberté conditionnelle. S’il sort, il pourra travailler et sera logé du côté de Saint-Benoît. D’autres personnes s’opposent à cette possibilité. Parmi elles, les parti-civiles qui affirment ne pas avoir été indemnisées.

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