Le Marion-Dufresne, navire scientifique français basé à la Réunion, remis à neuf en 2015

Le Marion-Dufresne à quai à La Réunion
© T.A.A.F

Le bateau de recherches scientifiques, chargé du ravitaillement de Crozet et des Kerguelen, en carène en 2015. Après 20 ans de bons et loyaux services, le Marion-Dufresne a besoin d’une cure de jouvence pour le rendre encore plus performant.

Fabrice Floch
Publié le , mis à jour le

Le Marion Dufresne va abandonner son quai du port de La Pointe-des-Galets pendant près d’un an pour subir un grand lifting. Pascal Bolot, préfet administrateur des TAAF (Terres australes et antarctiques françaises) confie à l’AFP : « Un bateau comme celui-là, si on devait en construire un neuf aujourd'hui, coûterait environ 120 millions d'euros. Là, l'objectif est de le prolonger de 15 ans pour 23 millions d'euros ».
La coque, les ponts et les apparaux de navigation vont être remis à neuf, mais le gros du chantier concerne l’informatique. En 1995 a sa sorti du Havre, le Marion-Dufresne était à la pointe des matériels de détections et de cartographies. 20 ans plus tard, sa technologie est obsolète. Le bond fantastique de l'informatique dans ce domaine oblige les scientifiques à changer les sondeurs. Désormais, il est possible de déterminer la nature des couches de sédiments grâce aux ondes.
 
Des carottes de 75 mètres de long
 
Le Marion-Dufresne détient le carottage de sédiments le plus long du monde : 65 mètres. Au-delà de l’exploit, ce prélèvement permet d’élaborer des modèles sur les changements climatiques passés et donc de mieux anticiper l’avenir.  Avec le futur treuil hydraulique, plus puissant, et les nouveaux aménagements les scientifiques espèrent prélever des échantillons de 75 voir 80 mètres de longs.
Toutes ces modifications devraient également permettre d’accueillir plus de scientifiques. Le ROV Victor, robot sous-marin de l’Ifremer pourra être embarqué. Il permettra d’effectuer des prélèvements, de filmer les fonds marins inexplorés et ainsi enrichir nos connaissances sur la biodiversité.
Ces travaux coûteront 23 millions d’Euros. Ils devraient prolonger l’existence du Marion-Dufresne d’au moins 15 ans. Ils sont financés par un emprunt auprès de l’Agence française de développement (AFD) et l’Etat via le commissariat général aux investissements.

Les missions du Marion Dufresne (Source : Institut polaire français Paul Emile Victor)