La Réunion : les gérants de stations-service veulent continuer à vendre de l’alcool

station service fermée bosredon
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Les gérants des stations-service de La Réunion veulent conserver le droit de vendre des spiritueux dans leurs boutiques. Une spécificité locale difficile à défendre compte tenu de l’implication de l’alcool dans trois accidents mortels sur quatre à La Réunion.

Fabrice Floch
Publié le , mis à jour le

Un nouveau conflit est en passe d’opposer les gérants de stations-service et l’Etat. Jean-Luc Marx, préfet de La Réunion, a la lourde tâche de mettre fin à une exception réunionnaise, la vente d’alcool dans les boutiques des distributeurs de carburants.
Cette réglementation est appliquée depuis quatre ans en métropole, mais elle tarde à se mettre en place dans le département. Les gérants et leur représentant syndical, Gérard Lebon ne sont pas étrangers à ce retard : « Ici, il n’y a pas d’autoroute, ce ne sont pas de longs trajets ».  
Pas évident que cet argument tienne longtemps face aux chiffres de la sécurité routière.
 
Une pétition contre l’interdiction
 
A La Réunion comme en métropole, l’alcool et la vitesse sont impliqués dans plus de 70% des accidents mortels ou graves. Les chiffres de la délinquance routière ont baissé depuis 4 ans, cependant tous les week-ends, les forces de l’ordre contrôlent une centaine d’usagers de la route ayant largement dépassé le taux d’alcool autorisé (0,25 g/litre).
En fait les gérants s’opposent à la mise en place de cette restriction car la vente de spiritueux représente un chiffre d’affaire de 15 000 Euros par mois pour une station service moyenne, d’où la pétition qu’ils font circuler depuis le début de la semaine contre le projet d’interdiction de la vente d’alcool.