Avortement : l'Assemblée nationale a supprimé la notion de détresse

Assemblée nationale
© MARTIN BUREAU / AFP | L'Assemblée nationale 23 avril 2013.

IVG : l'Assemblée a voté la suppression de la notion de "détresse". L'amendement renforce le droit à l'avortement en France. A La Réunion, 4 360 IVG sont pratiquées chaque année.

Erwann Ponnet
Publié le , mis à jour le

L'Assemblée nationale a adopté en première lecture, hier, mardi 21 janvier, une disposition confortant le droit à l'interruption de grossesse (IVG). L'article supprime la notion de "détresse" pour une femme voulant demander une IVG, et la remplace par les mots : "qui ne veut pas poursuivre une grossesse". 
 
La gauche, unanime, a soutenu le texte de Najat Vallaud-Belkacem, ministre des femmes et porte-parole du gouvernement. Les députés socialistes ont défendu même "haut et fort" le droit à l'IVG depuis sa remise en cause en Espagne.
 
Une partie de l'UMP a vivement dénoncé cet amendement socialiste, estimant qu'il "banalise" l'IVG et en fait "un droit comme les autres". Mais faisant état d'une position quasi unanime de son groupe, le chef de file des députés UMP Christian Jacob a estimé que l'élimination de la notion de "détresse" ne changeait "rien sur le fond". L'UMP ne souhaite pas laiser la main aux plus conservateurs de ses députés.
 
En réaction à "la marche pour la vie", manifestation anti-avortement qui a réuni 16.000 personnes le week-end dernier à Paris, l'UFR, l'Union des Femmes Réunionnaises, a dénoncé des " slogans anti-IVG qui font froid dans le dos ".
 
Avec 4 360 IVG pratiquées chaque année et une constante augmentation chez les mineures, comment la Réunion percoit-elle ce débat ? Eléments de réponse avec ce reportage de Jean-Marc Seguin...