Raclette gelée et dessert à la neige de l'Antarctique : déjeuner insolite avec les chercheurs de la station Concordia

Cyprien Verseux
© Carmen Possnig | Le glaçiologue Cyprien Verseux en plein repas en terrasse au beau milieu de l'Antarctique.

Entre deux relevés pour la mission DC14, un glaciologue installé à la station Concordia dans l'Antarctique s'est amusé à prendre des photos de ses repas par -80°C. 

Marie Boscher
Publié le , mis à jour le

Prendre en photo son repas et la photo sur les réseaux sociaux, rien de plus banal aujourd'hui... mais le geste gagne en originalité lorsqu'il s'agit d'un repas pris en glace par le froid de l'Antarctique ! C'est ce à quoi s'est amusé Cyprien Verseux, astrobiologiste, au cours de sa mission en tant que chef de la station Concordia. Dans cette base scientique la plus isolée au monde, où les températures frôlent les -80°C, il s'est amusé à partager sur les réseaux des photos de ses repas figés par le froid. 

 

Un menu glaçant

Au menu : fromage à raclette délicatement fondu dans son poêlon glacé, stalactites de pâte à tartiner, tourbillon gelé de spaghettis et même une coupe de neige de l'Antarctique au chocolat et aux fruits des bois. 


Repérés par de nombreux internautes et médias, ces photos permettent aussi de mieux connaître la vie des scientifiques isolés dans cette base gérée par la France et l'Italie. 

Car le glaciologue n'est pas allé jusqu'au sud de l'Antarctique (que) pour réaliser des clichés rigolos. Cyprien Verseux y dirige également la mission DC14, soit le quatorzième hivernage à la station Concordia. Là, avec douze autres scientifiques, il étudie les glaces pour mieux connaître notre climat et son évolution.

Simuler la vie sur Mars

La station va également permettre d'étudier les conditions de vie hors de notre planète. "Concordia est peut-être ce qui se rapproche le plus, sur Terre, d’une base sur Mars ou la Lune", explique Cyprien Verseux sur son blog Mars la blanche :

"L’environnement est hostile et notre survie y dépend de la technologie. Les communications, permises par des satellites, y sont limitées. A mesure que l’hiver s’installe, nous serons de plus en plus confinés dans la base, ne sortant qu’avec d’épaisses tenues dont l’encombrement rappelle celle des combinaisons spatiales. Les journées et les nuits s’étalent sur des mois plutôt que des heures et, pendant trois mois, le soleil ne passera même pas l’horizon. Nous sommes à plus de 3200 mètres et la minceur de l’atmosphère aux pôles exacerbe les effets de l’altitude, causant un manque d’oxygène qui affecte notre sommeil, nos capacités cognitives et notre endurance. Et, 9 mois par an, la base est inaccessible : les hivernants doivent se débrouiller seuls, sans possibilité d’évacuation."


Début novembre, une nouvelle équipe est arrivée afin de prendre le relai pour la mission estivale. A défaut de photos de barbecue au milieu des étendues de glace, peut-être les nouveaux arrivants régaleront les internautes avec des clichés de sorbet à la glace australe...