"Le racisme n'est pas une opinion, c'est un délit" : la lettre d'Annick Girardin à Brigitte Bardot

LUDOVIC MARIN / AFP
© LUDOVIC MARIN / AFP | Annick Girardin répond à Brigitte Bardot.

Face aux propos insultants tenus par Brigitte Bardot à l'encontre des Réunionnais, la ministre des Outre-mer a écrit une lettre à l'ancienne actrice. "Le racisme n'est pas une opinion, c'est un délit" conclut Annick Girardin au terme d'un réquisitoire.

Laura Philippon
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Annick Girardin réplique. La ministre des Outre-mer adresse une lettre ouverte à Brigitte Bardot. Dans un courrier adressé au préfet de La Réunion, mardi, l'ancienne actrice de 84 ans s'en est prise violemment aux habitants de l'île. "Votre lettre a choqué, insulté et blessé nos compatriotes réunionnais, écrit Annick Girardin.
 

Vous avez choisi une date symbolique pour afficher votre racisme et votre haine : le 73e anniversaire de la départementalisation de ce beau territoire. La défense de la cause animale ne justifie en rien les propos que vous avez tenus et pour lesquels le préfet de La Réunion a effectué un signalement en application de l’article 40 du code de procédure pénale.

 
 

"L’époque sombre de zoos humains"

Dans sa réponse en forme de réquisitoire, Annick Girardin affirme "la justice de notre pays tranchera et j’ai pleinement confiance en elle". Le préfet de La Réunion a déposé plainte contre Birgitte Bardot. Une plainte à laquelle s'est associée la ministre des Outre-mer.

Dans sa lettre au préfet, Brigitte Bardot a qualifié les Réunionnais de "population dégénérée" aux "traditions barbares".  "Les autochtones ont gardé leurs gênes (sic) de sauvages" et des "réminiscences de cannibalisme", a écrit la présidente de la Fondation Bardot. Des propos qu'Annick Girardin condamne fermement :
 

L’idée même que les groupes humains disposeraient de "gènes sauvages" nous renvoient directement à l’époque sombre de zoos humains et aux théories politiques fondées sur la supériorité de prétendues races.

 

Un délit

La ministre rappelle : "vous qui avez déjà été condamnée à cinq reprises pour incitation à la haine raciale, vous qui avez aussi été le visage de Marianne et donc de La République, je vous le dis : le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit".