Quand le romancier Patrick Chamoiseau tacle Donald Trump

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© John Sommers II/GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP (Trump) et DR (Chamoiseau) | Le candidat républicain à la Maison-Blanche Donald Trump (à gauche) et l'écrivain martiniquais Patrick Chamoiseau (droite)

Sur son blog du site d’informations Mediapart, l’écrivain martiniquais Patrick Chamoiseau critique durement le candidat républicain à la présidence des Etats-Unis Donald Trump, l’accusant de mensonge. 

Philippe Triay
Publié le , mis à jour le

« Tous les hommes politiques mentent, c’est bien connu. (…) Mais la propension et la désinvolture avec lesquelles Donald Trump ment a de quoi rendre perplexe », a écrit lundi Patrick Chamoiseau sur son blog du site d’informations Mediapart
 
« Qu’il prétende sans sourciller avoir vu "des milliers et des milliers" d’Arabes du New Jersey célébrer la destruction des tours jumelles le 11 septembre 2001, qu’il affirme que 81 % des Blancs victimes de meurtres ont été tués par des Noirs ou qu’il soutienne s’être opposé à la guerre en Irak "avant même" que l’invasion commence, l’excentrique milliardaire semble plus fâché avec la vérité qu’un enfant de 8 ans » poursuit le romancier lauréat du Prix Goncourt en 1992.
 
Chiffres à l’appui, Patrick Chamoiseau reprend les analyses du site américain Politifact, spécialisé dans le « fact-checking » (vérification des faits) qui démontre qu’au 30 juin 2016, sur 174 déclarations de Donald Trump, « 77 % étaient jugées partiellement fausses, fausses ou ultra-fausses ».

Trois mots sur quatre prononcés par Donald Trump relèvent du mensonge. Les journalistes américains s’évertuent à les relever et à rétablir les faits mais la popularité du candidat ne s’en trouve pas affectée dans son camp." (Patrick Chamoiseau)

 











« Trois mots sur quatre prononcés par Donald Trump relèvent du mensonge », martèle l’écrivain martiniquais. « Les journalistes américains s’évertuent à les relever et à rétablir les faits mais la popularité du candidat ne s’en trouve pas affectée dans son camp. Pour beaucoup, cela relève du mystère. Une des explications tient à ce que les chercheurs appellent le backfire – le retour de flamme, en français. D’après eux, les faits n’ont pas nécessairement le pouvoir de faire changer d’avis. Au contraire ! », analyse Chamoiseau, citant des études de l’université du Michigan qui estiment que les gens ont tendance à mettre en place des mécanismes de défense, visant « à empêcher la dissonance cognitive que créerait un changement de croyances ».
 
« Ce phénomène, amplifiée par la rhétorique antimédia de Donald Trump, n’explique probablement pas entièrement la solidité de sa base électorale, mais il a de quoi décourager tous les journalistes et les démocrates – au sens premier du terme – qui pensent que l’information contribue à former des citoyens éclairés », conclut le romancier.