Pour l’intelligence économique allemande, Eramet et la SLN calédonienne améliorent leur performance dans le nickel

Métallurgistes belges de l'acier inoxydable au nickel calédonien SLN 25
© Alain Jeannin | Métallugistes belges de l'acier inoxydable. L'usine de Charleroi utilise du nickel calédonien SLN 25

Heinz Pariser, analyste allemand de référence pour l’intelligence économique et le marché des métaux, consacre un dossier à l’industrie mondiale du nickel. Il y souligne les gains de compétitivité de la SLN et d'Eramet.

Alain Jeannin
Publié le , mis à jour le

C'est un tour d'horizon de la production mondiale de nickel. Dans un dossier, l'analyste allemand Heinz Pariser évoque la situation calédonienne du groupe français Eramet et de sa filiale calédonienne SLN. Heinz Pariser souligne tout d’abord "une baisse de 12 % des livraisons de nickel par Eramet en 2015, en raison du ralentissement économique de la Chine". La baisse des ventes de nickel, dans un marché où les stocks sont énormes, correspond aux attentes des analystes financiers de la Bourse des métaux de Londres (London Metal Exchange, LME).

Les gains de la SLN

L'analyste allemand insiste sur les efforts de réduction de coûts entrepris par les métallurgistes et mineurs calédoniens. Selon les estimations de Wood Mackenzie que reprend l’analyste allemand : "Le coût de production 'cash cost' de la SLN est aujourd'hui 12 800 dollars la tonne de nickel. Le gain est important, car il était de 16 500 dollars en 2014". En Nouvelle-Calédonie, le Brésilien Vale produit à 18 000 dollars la tonne et l’anglo-suisse KNS à 30 000 dollars. Les trois producteurs sont engagés dans une véritable bataille pour la compétitivité du nickel calédonien. Et ils ont un long chemin à parcourir. 

Montagnes russes

La spéculation reprend ses tours : le nickel monte, baisse et remonte. Mardi, une baisse des exportations chinoises et de mauvais résultats commerciaux ont fait fortement rechuter le prix : - 8 % à Londres (LME) et - 3 % à Shangai (ShFe). Aux mauvais résultats chinois se sont ajoutées des nouvelles négatives pour le marché mondial avec la relance de la production australienne de QNI et celle du Brésilien Vale en Nouvelle-Calédonie. Le prix du nickel, qui avait grimpé à 9 300 dollars lundi soir, du jamais-vu depuis décembre dernier, est brutalement retombé à 8 560 dollars mardi. "Les fondamentaux du nickel sont ceux de l’offre et de la demande, quand deux industriels annoncent qu’ils vont baisser ou arrêter leur production, pour finalement l’augmenter, le marché s'inquiète, car l’offre augmente et le prix du nickel baisse", commente un analyste londonien du LME.

Mercredi, le marché des métaux de Londres enregistre positivement la baisse des stocks de nickel à Rotterdam dans les entrepôts du LME. Plus de 2 000 tonnes de métal sont sorties en 24 heures, pour des livraisons à l’industrie allemande des alliages en nickel. Le même jour, à 17heures, la tonne de métal au LME valait 8 885 dollars, en hausse de 3,40%.