Une victime des essais nucléaires condamnée à rembourser plus de 6 millions Fcfp

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Florence Bourel est une ancienne secrétaire au Commissariat de l’énergie atomique, qui a travaillé à Moruroa dans les années 1980. Son cancer de la thyroïde est reconnu maladie professionnelle en 2002, mais plus en 2016. Elle doit rembourser toutes les indemnités reçues. 
 

A. T, aven.org Publié le , mis à jour le

Florence Bourel, 58 ans, se bat depuis 17 ans. En 1980, cette dame est en mission à Moruroa, pendant 12 ans, nous rapporte le site aven.org. Obligée par son employeur, elle accepte la mission.  

« Les seules consignes énoncées, c’était de s’essuyer avec un pareo pour que le sable glisse sur la peau »

« On nous mettait à disposition des planches à voile, on nous proposait de faire du ski nautique .Il n’y avait aucune interdiction. Une semaine après les tirs dans le lagon, nos responsables nous disaient qu’il n’y avait pas de risque, et qu’on pouvait se baigner. Les seules consignes énoncées, c’était de s’essuyer avec un pareo pour que le sable glisse sur la peau, de prendre une douche après la baignade et de ne pas manger de poisson ou des noix de coco. J’ai suivi chacune de ces recommandations à la lettre», rapporte-t-elle au site de l’Association des vétérans des essais nucléaires.

Le cauchemar démarre dès son retour en Métropole. En 2002, Florence tombe malade. Elle souffre d’un cancer de la thyroïde.

Maladie professionnelle

Très vite, sa pathologie est reconnue maladie professionnelle, car le taux d’incapacité permanente partielle (IPP) est reconnue à 80%. En 2008, la justice penche en sa faveur et lui accorde une indemnisation rétroactive de 14 000 euros, soit un  peu plus d’un million de francs, en plus d’une rente mensuelle de 306 euros, soit 36.000 Fcfp.
Mais plus tard, la sécurité sociale fait appel. C’est le début d’un long combat judiciaire.
La caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) refuse la décision judiciaire, et ne cesse de demander des expertises médicales. Au fur et à mesure de ses expertises, le taux d’IPP est abaissé, jusqu’à atteindre les 15%. Cela fait l’effet d’une bombe pour la Lucéenne. « Sous le seuil de 25%, la reconnaissance de la maladie professionnelle n’existe plus et la rente s’arrête. Comme si rien ne m’était arrivé, comme si mon cancer n’était pas lié à Moruroa. Et je n’ai plus de recours possibles. », a déclaré Florence Bourel au quotidien Ouest-France.

Sommée de rembourser

La CPAM, dans un courrier, lui somme de rembourser la somme de 54 000 euros, soit 6 443 820 Fcfp, sous 15 jours. Elle correspond à toutes les indemnités perçues par Florence ces dernières années. Toujours au quotidien Ouest-France, elle se dit dépitée, « la sécurité sociale propose un prélèvement mensuel de 1 280 euros, soit un plus de 150 000 Fcfp, à partir du 1èr avril, sur ma pension d’invalidité jusqu’à épuisement de la dette. »

Sa progéniture contaminée

A l’association des vétérans des essais nucléaires, Florence Bourel déclare avoir « contaminée ses deux filles, et l’une de mes petits-enfants, seulement âgée de 5 mois, vient aussi de subir une opération pour soignée une maladie radio-induite. Et voilà qu’on me dit : « Circulez, il n’y a rien à voir, votre cancer n’a rien à voir avec Moruroa. Cela me met dans une colère folle… »

L’ancienne secrétaire au Commissariat de l’énergie atomique est aujourd’hui privée de suivi médical spécifique.