Une cinquantaine de manifestants pour défendre les rivières du fenua

Manifestation environnement-rivière
© Polynésie 1ère | Ils étaient une cinquantaine à avoir manifesté, ce lundi 31 août, pour défendre les rivières du fenua.

En organisant une manifestation pacifique, ce lundi 31 août, l’association Te arutai mareva a ainsi réitéré son opération de sensibilisation pour les rivières du fenua. 

polynesie1ere.fr avec Nicolas Suire et Patrick Tsing Tsing Publié le , mis à jour le

"Stop au massacre des rivières", "Halte au business". Ce sont quelques-uns des messages affichés sur les banderoles lors de la manifestation pour l'environnement, qui s'est déroulée ce lundi 31 août. Ce rassemblent a réuni une cinquantaine de personnes qui se sont déplacées pour exprimer leur mécontentement autour du rond point Jacques Chirac de Papeete. Sans bloquer la route, ces derniers ont réclamé au gouvernement la création de comités de suivi dans les vallées où des travaux sont en cours.  


C'est parti !nous y sommes depuis 4h ce matin, défenseurs de nos rivières, rejoignez nous au rond point Pouvanaa (Chirac) même si vous n'avez qu'un petit moment ou après le travail, vous êtes les bienvenus!

Posted by Association Ia Ora Taharuu on lundi 31 août 2015
Les manifestants se sont vêtus de tricots noirs, couleur de deuil. Denis Helme, le président de l'association Te arutai mareva, dénonce le trafic généré par l'extraction d'agrégats.  "Les agregats, c'est de l'argent, ils sont donc en train de saccager les rivières pour faire du business", s'est-il insurgé. 

Écoutez Denis Helme, président de l'association "Te arutai mareva", interrogé par Abinera Tematahotoa

manif environnement-rivière


Soutenu par les manifestants, le président de l'association exige une entrevue avec le Président du pays. D'autant que ce dernier dénonce l'absence de réponse à quatre de ses courriers envoyés à Edouard Fritch. 


Parmi les militants présents ce lundi, certains, comme Maire Grandin, se sont consacrés durant six mois à l’étude du curage des rivières et à l’entretien des berges. La jeune femme, qui s'est rendue en métropole, a rencontré des ingénieurs et des hydrologues. Les experts sont unanimes.... 


Très impliquée dans la protection des rivières du fenua, Maire Grandin, également passionnée de surf, a réalisé une vidéo dans laquelle elle interroge successivement ces experts. L'association Ia Ora Taharuu, dont la jeune femme est membre, a partagé sa vidéo sur son compte Facebook. 


Tout est dit ! Merci à Maire Tahiti qui a interviewé en France les spécialistes et qui a fait ce montage.

Posted by Association Ia Ora Taharuu on vendredi 28 août 2015


Un rapport de 2011 demandait déjà l'arrêt des extractions


Toujours d’après ces experts, les enrochements favoriseraient encore plus rapidement la dégradation des berges des rivières. Pourtant, selon ces derniers, la végétalisation serait non seulement moins chère mais aussi plus efficace. D’ailleurs, d’autres membres d’associations sont venus avec des rapports du CESC, datant de 2011. A l'époque, la société civile demandait déjà l’arrêt des extractions dans les rivières de Tahiti.


Finalement, les manifestants ne demandent que le respect de l’environnement appuyé sur le droit polynésien interdisant toute extraction dans les rivières du fenua. Chaque entreprise d’extraction bénéficie de dérogation de la part du gouvernement. 

Les entreprises répondent 

Les entreprises réalisant les curages dans les rivières étaient aussi présentes ce lundi matin. Regroupés en syndicat, les membres de ces entreprises qui se sont regroupés en syndicat, ont souhaité organiser un contre évènement à la manifestation des  protecteurs de l'environnement. Ainsi, ce lundi matin à 10h, ils ont tenu une conférence de presse dans les jardins de Paofai, en face du rond-point Jacques Chirac. Leur objectif : dire la vérité.

En effet, le syndicat se défend de pratiquer des curages exhaustifs, il explique ne pas extraire de pierre ou d 'autres matérieaux à outrance. Ainsi, ses membres proposent la mise en place d'un code de bonne conduite mais refusent une application des règles françaises en Polynésie. Jean-Marc Bernière, le secrétaire du syndicat, a accepté de parler à nos journalistes. 



Retrouvez le reportage complet de nos journalistes au journal télévisé de ce lundi 31 août.