Tourisme : la croisière s’amuse en Polynésie

Les paquebots de croisiere a Raiatea
© Princess.com | Les paquebots de croisière à Raiatea

« 350 000 touristes » : c’est l’objectif à court terme fixé par la ministre du Tourisme Nicole Bouteau. Pour y parvenir, le Pays peut compter sur le secteur de la croisière, qui représente 25 % des retombées économiques du tourisme et qui a encore une belle marge de progression.

M.D ; Polynésie La 1ère Publié le , mis à jour le

En 2018, 31 navires issus de 24 compagnies de croisière ont navigué dans les eaux polynésiennes. 47 300 excursionnistes  en croisière transpacifique (traversée de l’Océan Pacifique) et 43 600 touristes en croisière intra-polynésienne (entre les îles de Polynésie) ont ainsi posé leurs pieds sur les sites d’escales proposés au Fenua. Bora Bora, Tahaa, Raiatea, Huahine, Tahiti, Moorea, Rangiroa, Fakarava, Nuku Hiva, Hiva Oa, Fatu Hiva, Tahuata, Ua Huka, Ua Pau : les destinations sont nombreuses. Le Paul Gauguin, l’Aranui ou encore le Haumana sont parfaitement rôdés aujourd’hui. Les grandes compagnies de croisières connaissent aujourd’hui les opportunités et le Pays a bien l’intention de se vendre.

15 milliards de francs CP de retombées économiques

Tahiti Tourisme estime à 15 milliards l’impact économique du secteur de la croisière en 2018. Et en 2019, c’est bien parti pour faire mieux selon les estimations : « Les croisiéristes dépensent beaucoup plus. 300 000 francs CP selon l’ISPF donc ça bénéficie au tourisme à terre, les prestataires, les artisans » argumente le directeur général de Tahiti Tourisme, Paul Sloan, à propos de cette niche du marché. Il faut dire que les croisières rencontrent un vif succès aux 4 coins des océans. La Polynésie française possède les destinations et mise donc logiquement dessus. Les budgets : 20 millions pour l’accueil des croisiéristes et 25 millions pour la promotion. La participation à 4 salons dédiés chaque année est notamment la preuve que les instances du Pays souhaitent entretenir les relations. Les liens sont tissés avec les grandes compagnies de croisière : « On fait plusieurs salons par an, le plus grand, c’est Seatrade à Miami. La délégation polynésienne y va en force chaque année et on se dit toujours qu’est ce qu’on peut faire pour eux ? Les compagnies de croisière peuvent faire de l’argent chez nous ? Quels sont les produits que nous pouvons proposer ? Car c’est avant tout un business » confie le patron de Tahiti Tourisme. L’attractivité de nos destinations intra-polynésiennes n’est plus à prouver.

Paul Sloan, directeur général de Tahiti Tourisme

Retour de Princess Cruises en 2020

En Polynésie française, seuls deux quais peuvent accueillir des paquebots : Papeete et Uturoa.  Cela n’empêche pas les grandes compagnies de venir s’installer. C’est le cas du Princess Cruises, qui reviendra en 2020 entre nos îles, preuve que le marché se porte bien. Mais selon Paul Sloan, les bateaux de 300 à 500 passagers sont idéaux, notamment pour le mouillage, les infrastructures et le volume de prestations proposées. Une niche semble également prometteuse, celle des bateaux d’expédition qui visitent des îles ou atolls moins connus, plus préservés, à l’image de ce qu’a fait l’Aranui V. En effet, deux fois en 2019, le bateau a effectué une croisière de 12 jours avec notamment les visites de Rapa, Amanu, Tahanea, Rikitea ou encore Pitcairn. Des trajets vendus comme des « aventures » mais qui restent encore « expérimentales ».