Procès d'Air Moorea : la défense cible le pilote

Procès d'Air Moorea
© Lucile Guichet - Polynésie la 1ère

Deuxième semaine de procès du crash d'Air Moorea, soit le 6e jour. Le tribunal étudie toutes les hypothèses. Aujourd'hui, il s'agissait d'examiner la probabilité d'une erreur de pilotage. Les témoins cités par la défense et les experts judiciaires ne sont pas d'accord entre eux.
 

Axelle Mésinèle - Polynésie la 1ère Publié le , mis à jour le

L’audience d’aujourd'hui a débuté par une nouvelle audition de l’enregistreur de vol.

Puis le premier témoin, Jean-François Lejeune, un spécialiste des twin otter qui avait identifié, lors de l’enquête, la rupture du câble comme la cause du crash est revenu sur ses déclarations, en expliquant que si le câble de gouverne casse, il ne se passe rien. Un câble secondaire prend le relais selon lui.

Cet homme qui s’est présenté comme l’un des fondateurs d’Air Tahiti, aurait approché les familles des victimes pour leur proposer son aide. Il a travaillé au sein d’Air Moorea et avait des révélations à faire. Mais une fois, à la barre du tribunal correctionnel, il n’avait plus aucun « souvenir » de ces discussions. Une attitude qui a eu le don d’agacer les parties civiles.

Si la mémoire de Jean-François Lejeune lui a fait défaut par moment, le spécialiste en twin otter, est par contre catégorique quand il déclare qu’il « n’y a jamais eu l’embryon d’une tentative de récupération de l’avion par le pilote ». Des affirmations mises à mal dans l’après-midi par un expert judiciaire en aéronautique.

Pour Hubert Arnould, il n’y a pas eu d’erreur de pilotage. Michel Santurenne a tenté de sauver l’avion et les passagers.
Pour lui, c’est le câble de gouverne de profondeur qui a lâché. L’avion a alors piqué vers la mer. Une réaction normale mais à laquelle le pilote ne s’attendait peut-être pas.

Entre le juron prononcé par le commandant quand il se rend compte qu’il y a un problème et l’impact, il s’est écoulé 10 secondes.
L’appareil était alors à 300 pieds de la surface de l’eau c’est-à-dire à environ 91 mètres. Il chutait très vite.

L’expert a expliqué aux juges que récupérer l’avion dans ces conditions, « aurait été un exploit ».