Emmanuel Macron face aux maires Outre-mer : surrémunération et monopoles

Emmanuel Macron
© Polynésie la 1ère

Le chef de l'Etat a accusé ce vendredi devant une soixantaine d'élus d'Outre-mer, les sur-rémunérations et les monopoles d'être responsables de "la vie chère".

L. G avec AFP Publié le , mis à jour le

Emmanuel Macron a accusé les sur-rémunérations de fonctionnaires et les situations de monopoles d'être responsables de la vie chère dans les Outre-mer, devant une soixantaine de maires ultramarins réunis à l'Elysée dans le cadre du grand débat.
    
"La vie chère est entretenue par le fait qu'il y a une dualité des rémunérations en Outre-mer", a-t-il souligné ce vendredi. En Outre-mer, les fonctionnaires bénéficient d'une majoration de leur traitement brut, justifiée notamment par le différentiel de coût de la vie avec l'Hexagone, qui varie de 40% (Guadeloupe, Guyane, Martinique) à 54% (La Réunion).
 

"Penser une transition sur dix ans"    

"Aujourd'hui la vie chère est chère pour tous ceux qui n'ont pas la sur-rémunération", a insisté le chef de l'Etat, notant cependant qu'il avait promis de ne pas revenir sur ces rémunérations dans son programme électoral. "Ca doit venir de vous", a-t-il insisté auprès des élus. "Il faut penser une transition sur dix ans et savoir comment progressivement s'en sortir", a-t-il ajouté.
    
Il a aussi mis en cause "les filières monopolistiques ou oligopolistique" dans les Outre-mer, évoquant le cas d'une même voiture vendue beaucoup plus chère en outre-mer qu'en métropole. "Les milliers d'euros d'écart ils vont bien dans la poche de quelqu'un", a-t-il dit.
    
Il a rappelé qu'un délégué interministériel à la concurrence venait d'être nommé spécialement pour les Outre-mer. "L'ordre public économique, ça suppose que l'Autorité de la concurrence, soit démantèle les filières, soit sanctionne", a insisté le chef de l'Etat.
    
C'est la quatrième fois en deux semaines que le président de la République se prête au jeu d'une discussion avec des maires dans le cadre du grand débat national censé répondre à la crise des gilets jaunes.

Emmanuel Macron s'est exprimé face à une soixantaine d'édiles ultramarins (sur environ 130 invités) de Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion et Mayotte qui ont accepté de faire le déplacement, à leurs frais. Les élus des trois territoires du Pacifique (Polynésie, Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna) n'ont pas été invités, l’Etat n'exerçant pas de responsabilité économique et sociale dans ces territoires aux statuts particuliers.

En Outre-mer, les "gilets jaunes" ont peu mobilisé, même si plusieurs mouvements sociaux (aux Antilles en 2009, en Guyane en 2017, à Mayotte en 2018), avaient déjà reflété l'exaspération de la population. Seule La Réunion a connu son mouvement de "gilets jaunes", qui ont bloqué l'île pendant quinze jours en décembre, pour dénoncer la vie chère et les inégalités sociales.
Mais certains maires soulignent que sur le terrain, les besoins sont toujours là, malgré les Assises de l'Outre-mer en 2018 et les nombreuses consultations précédentes, comme les états généraux de Nicolas Sarkozy, les discussions pour la loi Égalité réelle outre-mer, avec François Hollande.