Plusieurs affaires de viols jugées aux assises

palais de jsutice Papeete
© Polynésie 1ère | La 3ème session des assises du tribunal de Papeete s'ouvre demain, mardi 8 septembre

Mardi 8 septembre s'ouvre la troisième session des assises du tribunal de Papeete. Parmi les dossiers, une majorité d'affaires de viols et de tentatives de viol. Retour sur ce fléau qui touche la Polynésie française. 

polynesie1ere.fr avec Lai Temauri, Shiquita Darrouzes et Mirko Vanfau Publié le , mis à jour le


Sur les six dossiers soumis à la cour cette semaine, trois affaires de viol et de tentatives de viol seront jugés à partir de demain, mardi 8 septembre. Ce lundi matin, dans les couloirs du tribunal, une trentaine de jurés étaient présents pour prendre connaissance des affaires à juger. Caroline Faatau est l'une d'entre elle. Interrogée par notre journaliste Abinera Tematahotoa, cette dernière ne cache la difficulté de ce rôle. 

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Comme ses camarades, Caroline Faatau va commencer cette troisième session d'assise par une sordide affaire de viol. Même si aujourd'hui plusieurs structures sont mises en place pour aider les victimes de viols, les enfants mineurs sont souvent les plus vulnérables face à ce type d'agression. En 2014, 55 affaires de viols commis sur mineurs ont été jugées au tribunal. En 2011, le nombre de victimes mineures suivies, suite à des agressions sexuelles, s'élevait à 309. Un chiffre qui a malheureusement augmenté en 2014, année durant laquelle pas moins de 347 victimes ont été suivies. 


Un manque de suivi psychologique 


Depuis 20 ans maintenant, Marie-Thérèse Taero est le seul administrateur ad hoc du fenua. Nommée par la justice en 1996, cette assistante sociale de formation est en charge de s'occuper des enfants lorsque ses droits ne sont pas représentés. C'est le cas par exemple lors des affaires de violence au sein de la sphère parentale ou familiale. Les parents n'étant plus en mesure d'accompagner leur enfant, Marie-Thérèse Taero est présente pour prendre la relève. Son rôle : écouter, accompagner, expliquer et parfois réconforter. Elle guide les victimes mineures pendant toute la durée de la procédure pénale jusqu’au procès et parfois jusqu’à leur majorité. En 2014, elle a reçu près de 116 enfants dont 61 ont été victimes de violences sexuelles.

Selon ce témoin quotidien des violences faites aux mineurs, les agressions sexuelles et les viols n'ont pas augmenté ces dernières années mais sont de plus en plus dénoncés. Les différentes campagnes de prévention et d'information via les différentes structures d'aide et auprès de certains établissements scolaires, ont certainement permis de sensibiliser les Polynésiens face à ce type de violences. Des violences qui sont souvent liées à la drogue et à l'alcool, mais aussi à la situation financière et à l'éducation inculquée au sein du berceau familial.



Même si Marie-Thérèse Taero apporte déjà une aide indispensable à ces petites victimes, elle considère que le suivi psychologique n'est pas assez présent. Elle réclame plus de psychologues, plus de structures pour ces petites victimes... Des victimes qui, bien souvent, se culpabilisent. Ce processus psychologique rend la reconstruction très difficile.
 

C'est d'ailleurs en partie ce que propose l'association d'Aide aux victimes : Te Rama Ora. En plus de permettre d'assister les parents, de les informer et de les aider à protéger les intérêts de leur enfant, cette structure propose un soutien psychologique, avec un suivi sur moyen et long terme. Nos journalistes ont rencontré la directrice de l'association, Cécile Moreau.  


Des procédures judiciaires longues et éprouvantes 


Même si aujourd'hui, les dénonciations sont plus fréquentes qu'hier, la procédure judiciaire peut parfois faire peur à certaines victimes qui peuvent abandonner les poursuites. Souvent longue, cette procédure est éprouvante pour la victime. Ce qui reste le plus difficile reste la confrontation entre l'agresseur et la victime. D'où l'importance, comme le rappelle Cécile Moreau, de veiller à son bien-être, de l'accompagner et, si besoin, de lui apporter un soutien psychologue. 


Après des mois voire des années de procédures, certaines victimes vivent le procès comme une libération, un moyen de mettre un point à ce terrible épisode et de pouvoir, enfin, tourner la page. Pour d'autres, malheureusement, le processus est plus difficile... 


De plus en plus de procès mais toujours autant d'agresseurs


Malgré les procès et les condamnations lourdes face à ce type de violence, cela ne semble pas arrêter les agresseurs. Certains d'entre eux arrivent au procès avec des regrets, et présentent parfois des excuses. Le procès est alors un moyen pour eux de prendre conscience de la gravité de leurs actes. Malheureusement, d'autres types d'agresseurs refusent de reconnaître leurs gestes et nient en bloc les accusations. Ce qui rend beaucoup plus difficile le processus de reconstruction pour la victime...  

Parfois, les agresseurs sont aussi protégés par leurs femmes, les mamans des enfants. Aux yeux de Marie-Thérèse Taero, cette complicité passive n'est pas assez condamnée par la justice. 



Retrouvez le reportage complet de nos journalistes au journal télévisé de ce lundi 7 septembre. Le journal en français accueillera comme invitée Tuareni Guillot, psychologue au centre de la mère et de l'enfant, au service des consultations spécialisées en hygiène mentale infanto-juvénile.