Marché de Papeete : la colère des vendeurs de fruits et légumes contre la nouvelle réglementation

Marché de Papeete
© Titaua Doom | Les vendeurs de fruits et légumes vont devoir vider leurs étalages chaque jour en fin de journée, et les remplir de nouveau le lendemain

Pour des questions d'hygiène et contre la prolifération des rongeurs, les 30 vendeurs de fruits et légumes doivent débarrasser leurs étals de tout produit en fin de journée avant de les réexposer le lendemain. Une contrainte pour les mamas. 

Polynésie la 1ère ; SM, TD Publié le , mis à jour le

"C'est fatiguant pour nous !". Le cri du coeur de Michèle, une vendeuse de fruits et légumes du marché, après la mise en place du programme pluriannuel de remises aux normes voulue par la mairie de Papeete. Un programme né en 2012, appliqué d'abord aux snacks du marché, puis en 2016 au secteur du coco dont le lait est tiré à cet endroit. Depuis hier, ce sont donc les vendeurs de fruits et légumes qui sont soumis à cette réglementation. 

L'application est simple : en vertu des nouvelles normes d'hygiène et de salubrité, les étalages doivent être totalement débarrassés le soir, pour être réexposés le lendemain. "Ce matin, je suis arrivé à 2h, parce qu'il faut chercher un parking... et en plus il faut que je remette mes légumes. On va pas faire ça tout le temps (...), c'est dur, et beaucoup trop pour moi" proteste Michèle. D'autant plus que les exposantes, des mamas, ont en grande majorité plus de 60 ans, à l'instar de Michèle. "Il y a même des gens qui n'ont pas de voitures. Comment ils font, eux ?" s'interroge-t-elle. 

Pour se défendre, la directrice du marché de Papeete, Vaihere Tehei rappelle que "plusieurs réunions d'information ont été organisées à l'attention des vendeurs" et qu'ils ont déjà obtenu " un délai supplémentaire pour se préparer au nouveau réglement". Pour elle, le temps n'est plus à la discussion : les étalages devront être débarrassés des produits pour éviter que les rongeurs ne prolifèrent la nuit. 

Afin d'aider les commerçants à transporter les fruits et légumes à l'extérieur du marché, la direction envisage d'acquérir des étals à roulettes pour faciliter l'enlèvement des produits. "Les tarifs sur ces produits n'ont pas augmenté, c'est l'organisation du paiement des produits exposés qui a été modifié" rassure Vaihere Tehei. 

En plus des fruits et légumes, deux autres secteurs vont devoir s'aligner sur la réglementation : la boucherie et la poissonnerie. 
 

L'interview de Vaihere Tehei par notre journaliste Titaua Doom