Essais nucléaires : plus de 2000 personnes dans les rues de Papeete pour commémorer le premier tir

Marche 2 juillet essais nucléaires
© Aiata Tarahu / Shiquita Teiva-Darrouzes | Les associations anti-nucléaires ont manifesté séparément ce matin

Comme chaque année, les associations anti-nucléaires ont marché séparément pour célébrer le triste anniversaire du premier essai, et pour dénoncer l'inaction de l'Etat. 

Polynésie la 1ère ; SM, AT, STD Publié le , mis à jour le

193. C'est le nombre d'essais nucléaires effectués par l'Etat français de 1966 à 1996. Le premier s'est déroulé le 2 juillet 1966. Chaque année à la même date, les associations anti-nucléaires investissent les rues de Papeete pacifiquement, pour commémorer ce tragique anniversaire, mais aussi pour protester contre l'Etat français. 
 

Plus de 2.000 manifestants


Deux manifestations séparées ont rythmé cette matinée. Le premier cortège pour la côte est a prit le départ depuis la mairie de Papeete. Du côté de la côte ouest, les participants ont quitté le stade Willy Bambridge pour rejoindre la place Tarahoi où les attendait l'association 193.

Pour marquer le coup, l'association menée par le Père Uebe Carlson, est venue avec des cercueils, dans le but de dénoncer "le projet de mort" de l'Etat. Le cortège, composé de centaines de personnes, a quitté la stèle de Pouvanaa à 9h00, avec pour objectif de rejoindre le monument aux morts, situé devant le Haut-commissariat.

De l'autre côté, l'Eglise Protestante Maohi, a réunit ses fidèles, soit plus de 1500 personnes. L'institution religieuse a profité de la venue des délégations des arrondissements des îles pour venir commémorer - à leur façon - ce jour de deuil. Depuis le début, l'Eglise protestante s'est toujours positionnée contre les essais nucléaires. C'est elle d'ailleurs qui est à l'origine de la création de l'association Moruroa e Tatou. 

Au total, ce sont donc plus de 2.000 personnes qui ont participé à cette manifestation pacifique, majoritairement composée de fidèles protestants, et de toutes générations confondues. 
 

Revendications et démission 


Le président de l'association 193, Jerry Gooding, le président de l'Eglise Protestante Maohi, Taarii Marea et le président de l'association Moruroa e Tatou ont d'ailleurs obtenu un rendez-vous avec le Haut-commissaire, afin de faire part de leurs demandes respectives.
Au haut-commissariat, la délégation est reçue par le secrétaire général du Haut-commissaire, Eric Requet. L'association 193 a faire part de son retrait du projet de mémoire. Pour Père Auguste, "c'est un outil de propagande pour l'Etat et le gouvernement et nous ne pouvons pas cautionner cela". Même réaction du côté de l'association 193. Ils ne veulent plus participer au projet qui est en incohérence avec leurs principes. 
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"Jusqu'à maintenant les réalités et les faits disent que après 74, il n'y a plus de problèmes, on ne veut pas parrainer cela!"


De son côté, l'Eglise protestante Maohi, en plus du retrait de la loi Morin, a demandé à ce que cette date, le 2 juillet, soit un jour férié. "Ce n'est pas pour le plaisir de mettre un jour férié opur avoir plus de vacances, mais simplement pour que cela soit inscrit dans la mémoire collective", s'est expliqué son président, Taarii Maraea. 
 

"C'est pour que cela soit inscrit dans la mémoire collective"


Les manifestants qui souhaitent rester toute la journée ont été invités à rejoindre le cortège de l'association 193, qui vont camper devant le Haut-commissariat jusqu'à 18h.