La Polynésie est encore endettée aux emprunts toxiques

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Le magazine Challenges s’est procuré un listing interne de l’ancienne banque Dexia qui dresse l’état des lieux des prêts toxiques aux collectivités locales en 2012. La Polynésie arrive en 4e position, avec 15,6 milliards de Fcfp (131 millions d’euros) de prêts à risque.

Pierre Emmanuel GAROT avec Serge MASSAU Publié le , mis à jour le

Les emprunts toxiques, ça ressemblait à une très bonne affaire pour se financer à peu de frais, mais derrière l'apparence séduisante, le piège s'est souvent refermé sur les élus locaux.

Ces prêts toxiques étaient contractés au début des années 2000. Les banques proposaient des taux ultra-compétitifs. Mais ceux-ci étaient indexés sur le cours des monnaies étrangères. Conséquence, en janvier dernier lorsque le franc suisse s'est envolé, les taux de centaines de prêts sont passés de 13% à 25%, au risque de surendetter les collectivités locales. En fin d'année dernière, l'Etat a doublé le fond de soutien pour les aider à se débarrasser au plus vite de leurs emprunts toxiques.

Plus de 40% des emprunts contractés par la Polynésie française en 2012 étaient des emprunts toxiques. Mais l'an dernier, le vice président Nuihau Laurey affirmait que le niveau de ces emprunts toxiques était retombé à 6%. Au total, près de 850 collectivités locales françaises peuvent être aidées par le fonds spécial mis en place par l'Etat.
D'après la Dépêche de Tahiti, qui a contacté le directeur de cabinet du vice-président, les chiffres publiés par la revue Challenges ne sont plus à jour. Selon lui, les emprunts toxiques ne représentent cette année plus qu’1,7 % du montant total de la dette. Le ministère des finances espère atteindre les 0 % d’ici la fin de l’année.