La marche sur le feu en images...

Marche sur le feu

C'est mercredi soir au Mahana Park à Paea qu'a eu lieu la cérémonie du "Umu Ti". Près de 700 personnes étaient présentes.

Polynésie 1ère
Publié le , mis à jour le

Le calendrier lunaire était particulièrement propice au rituel de la marche sur le feu ce mercredi soir. Cette tradition remonte à la nuit des temps et avait une fonction et un intérêt bien particuliers. Le point de départ de cette cérémonie est le umu ti qui consiste à cuire dans un four traditionnel des ti (racines de auti) pour se prémunir de la saison sèche (matarii raro), qui dure de mai à novembre. Cela permettait aux ti d’être conservés pendant de longs mois pour permettre à la population de faire face à la disette.
 

Raymond Graffe

« Avant chaque préparation du four, je jeûne durant la semaine qui précède », précise le grand prêtre Raymond Graffe. « Je me retire dans la montagne pour cueillir les auti sacrés et communier avec les dieux ».

Plusieurs heures de préparation

Ce rituel est, selon lui, indispensable au bon fonctionnement de la marche sur le feu. La fosse du four, d’environ 8 m sur 2,50 m de large et 0,50 m de profondeur, est remplie de bois de Tamanu qui a la particularité de se consumer très lentement. Les braises incandescentes sont ensuite recouvertes de pierres volcaniques.

Au Mahana Park, le four a été allumé à 2h00 du matin mercredi, pour que les pierres soient à bonne température à 18h00. A ce moment-là, la température au fond du four avoisine les 4500° mais baisse à 1300° sous la dernière pierre. Sur la dalle de marche, la température varie de 640° à 1200°.

Une purification du corps et de l'esprit

« Le feu est un élément destructeur et de transformation qui a des bienfaits sur l’homme », explique Raymond Graffe. « L’énergie acquise durant ce cheminement sur les braises se transmet dans notre vie quotidienne et dans notre environnement. »


Des règles fondamentales doivent cependant être respectées  : il ne faut pas avoir bu d’alcool depuis la veille, les femmes qui ont leurs règles peuvent assister à la cérémonie mais ne doivent pas traverser le four, et il ne faut pas se retourner une fois que l’on a commencé à marcher sur les pierres.

Raymond Graffe :