Affaire Dubaquier : les 12 suspects renvoyés en correctionnelle ?

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Lundi 22 janvier, le parquet a rendu son réquisitoire définitif dans ce dossier de trafic d’ice impliquant la femme d’affaires Mercedes Dubaquier. Selon nos informations, le procureur chargé du dossier a requis un renvoi en correctionnelle des 12 suspects.

polynesie1ere.fr, Axelle Mésinèle Publié le , mis à jour le

C’est une vaste affaire de trafic d’ice qui est sur le point de se clôturer. Après des mois d’investigations, de confrontations et une information judiciaire ouverte pour "trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs et blanchiment d’argent", le parquet a rendu son réquisitoire définitif, lundi 22 janvier.

12 personnes impliquées dans le trafic d’ice


Le parquet a demandé le renvoi devant le tribunal correctionnel de 12 personnes. Outre le couple Dubaquier et la fille de Mercedes Dubaquier, 7 revendeurs d’ice et 2 employées de sociétés appartenant à la chef d'entreprise sont aussi impliqués. Le trafic aurait duré de janvier 2016 à mars 2017, soit un peu plus d'un an.

Entre juillet 2016 et mars 2017, le couple Dubaquier aurait effectué 14 voyages entre Papeete et Los Angeles. La justice soupçonne que ces déplacements pour "raisons professionnelles" étaient en réalité une couverture pour acheter de l’ice aux Etats-Unis.

Le 31 mars 2017, alors qu'elle est en pleine transaction avec un revendeur, Mercedes Dubaquier est arrêtée en flagrant délit par les enquêteurs polynésiens. Ce jour-là, les autorités mettent la main sur 47 grammes d’ice. En s’appuyant sur les sommes déposées sur les comptes des sociétés de Mercedes Dubaquier, les enquêteurs estiment que 300 grammes d’ice ont été importés en moyenne chaque mois sur le territoire, soit l'équivalent de 5,4 kg pour une valeur marchande de 500 millions cfp.

L’argent de l’ice blanchi dans les sociétés


Mercédès Dubaquier était connue au fenua pour être à la tête de plusieurs entreprises dans les domaines de la communication, des médias et de l’événementiel. Mais pour le parquet, ces sociétés n’étaient en réalité que des coquilles vides destinées à blanchir l’argent de la vente d’ice.

Le dépôt d’importantes sommes d’argent en espèce sur les comptes de ses entreprises viendrait étayer ces soupçons. D’autant que ces sociétés n’avaient aucune activité économique et de l’argent serait même passé d’une société à une autre.

La famille Dubaquier conteste les faits


Au cours de l’instruction, Mercedes Dubaquier a nié ces accusations et toute implication dans un trafic de drogue. Elle aurait expliqué aux enquêteurs qu’un homme l’avait contactée pour lui demander de faire une livraison d’ice afin de faciliter la vie d’un proche se trouvant en prison. Elle disposait d’un téléphone pour effectuer ses livraisons. C'est d'ailleurs en surveillant les communications d’un dealer d’ice que les enquêteurs sont tombés sur un message de la femme d’affaires.

De son côté, le mari de Mercedes Dubaquier dément également sa participation au trafic de drogue alors même que des dealers déclarent avoir travaillé avec lui. Quant à la fille de Mercedes Dubaquier, âgée de 23 ans, la justice lui reproche d’avoir été en contact avec des revendeurs d’ice. Pour se défendre, elle a indiqué avoir juste répondu au téléphone pour sa mère. Cependant, les enquêteurs ont découvert que de l’argent aurait transité sur le compte d’une société qu’elle gérait.

Le réquisitoire définitif du parquet est dorénavant sur le bureau du juge d’instruction. C’est Laurent Mayer qui décidera s’il y a lieu de renvoyer en correctionnelle les 12 personnes impliquées ou de prononcer des non-lieux.

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