Procès en diffamation : Gaston Flosse condamné à 2 millions Fcp d'amende

FRITCH FLOSSE
© (D.R.)

Gaston Flosse écope d'une amende de 2 millions Fcp pour diffamation. Edouard Fritch faisait face à son ancien mentor, Gaston Flosse, ce 26 février, au tribunal correctionnel. Le président du Tahoeraa l'avait accusé d'avoir "acheté les voix des électeurs" aux dernières territoriales.

L. G, B. O Publié le , mis à jour le

L’ancien Président du Pays, Gaston Flosse, a été condamné ce 26 février à 2 millions Fcp d'amende et 200.000 F pour préjudice moral, pour des propos tenus à l'encontre de son ancien Dauphin, Edouard Fritch, les 29 octobre et 11 décembre 2018 dans deux articles de presse de La Dépêche de Tahiti.
Dans une conférence de presse, le Président du Tahoeraa avait alors accusé son rival d’avoir « acheté les voix des électeurs », faisant référence à des moyens illégaux qui auraient été utilisés par Edouard Fritch pour remporter les dernières élections territoriales.
Ces propos sont passibles d’une peine de 5 millions de Fcp d’amende pour diffamation.

Me Dominique Antz, avocat du patron du Tahoeraa, a essayé de convaincre le tribunal de rejeter la plainte. Il a d’abord mis en doute l’interprétation de la journaliste de La Dépêche : « ces propos n’ont pas été entendus tels quels » . Puis, il les a minimisé : « ce sont les propos d’un candidat déçu qu’on pourrait entendre n’importe où », en précisant que les propos visaient le candidat Fritch et non l’élu.
Enfin, il a avancé la thèse d’un règlement de compte psychanalytique de la part du Président Fritch qui, par ce procès, souhaite :  "se légitimer car c’est Flosse qui l’avait désigné comme successeur avant qu’il ne remporte les élections, une manière de tuer le Père ".
Un argument qui a fait sourire Me Gilles Jourdainne, avocat d’Edouard Fritch, qui a rétorqué qu’il n’était pas un spécialiste de la psychanalyse et n’avait rien à opposer à cela.

Gaston Flosse fait appel.

En septembre 2018, soit 3 mois plus tôt, Geffry Salmon, ancienne tête de liste du Tahoeraa Huiraatira, a été condamné à 500.000 F d'amende pour diffamation envers Edouard Fritch. Il avait lui aussi accusé le Président du pays d’avoir acheté son élection.