Présidentielle : et maintenant ?

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Emmanuel Macron est En Marche vers l’Elysée. Ni de gauche, ni de droite, sans parti et sans jamais avoir été élu auparavant, il est le premier président élu sans assise parlementaire dans une France en état d’urgence. L'échiquier politique va se redessiner pour les législatives. Analyse

polynesie1ere.fr, Marie-Christine Depapae Publié le

Emmanuel Macron est élu avec un taux d’abstention record : plus de 25%. C’est la plus forte abstention pour un second tour depuis l’élection présidentielle de 1969. C’est également la première fois depuis 1969 que la participation du second tour est plus faible qu’au premier. Elle perd 3 points.

Comment expliquer cette abstention record ?


C’est le front républicain qui s’est mobilisé pour élire Emmanuel Macron. Au premier tour, il n’avait obtenu que près de 18% des voix mais on l’a vu, ce front républicain s'est fissuré. Investi candidat de l’union sacrée pour faire barrage au front national, Emmanuel Macron n'aura pas fait le plein des voix républicaines. Contrairement à Jacques Chirac en 2002, qui ace à Jean-Marie Le Pen, avait recueilli 82% des suffrages.

C'est en quelque sorte une tradition républicaine qui se retrouve aujourd'hui affaiblie : celle du regroupement des partis historiques face à l'extrême droite.

Le meilleur score du FN


Côté Front national, le plafond de verre a tenu. Mais Marine Le Pen réalise le meilleur score d'un candidat frontiste à l'élection présidentielle. Elle amplifie son score du premier tour de plus de 14 points. Elle passe d’un peu plus de 21% à plus de 35 %.  Un front national toujours plus haut que les 17% recueillis par Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle de 2012.

En revanche, le FN perd le monopole de l'alternative mais il devient le premier parti d'opposition. Marine Le Pen pourrait bien avoir son groupe à l'Assemblée : de 15 à 25 députés contre seulement deux actuellement.

L'après 7 mai ?


Le match retour, c'est dans à peine un mois avec les élections législatives. Emmanuel Macron va t-il bénéficier de l'effet présidentiel, de la dynamique présidentielle pour obtenir une majorité à l'Assemblée nationale, pour gouverner et appliquer son programme ? La barre est haute : la majorité absolue, c'est 289 sièges. Le PS et les Républicains représentent actuellement plus de 80% des députés.

3 scénarios possibles à l'issue des prochaines législatives :

  • Le plus pessimiste : une majorité introuvable

Une assemblée balkanisée façon puzzle en plusieurs groupes antagonistes faute d'entente à gauche et à droite, à l image des résultats du premiertour de la présidentielle. C'est le scénario d'une dissolution à court terme.

  • Autre scénario: la cohabitation
C'est ce que veut imposer l'alliance LR/UDI avec pour chef de file afin de mener ce combat : François Baroin, désigné par ses pairs comme futur premier Ministre. Ce scénario affaiblirait le président Macron contraint de trouver des alliances d'opportunité sur son programme.

  • Le saut dans l'inconnu
Une grande coalition animée par François Bayrou, président du Modem et Jean-Louis Borloo, fondateur de l'UDI. Elle apporterait une profonde recomposition du paysage politique français. Elle rassemblerait les députés macronistes pure souche mais aussi les députés élus sous l'étiquette Macron sans être obligés pour autant de quitter leurs partis. Cette grande coalition encore inconnue dans l'hexagone, fonctionne bien en Allemagne.

Quoiqu'il en soit, une chose est sûre : il n’y aura pas d’état de grâce pour le nouveau président de la République.