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[FILM] Cortex, avec André Dussolier - Mardi 16 décembre à 19h20

Cortex - Film BA

Un flic retraité, à la mémoire défaillante, intègre une maison de repos spécialisée et commence à suspecter des crimes dans l’établissement…

Polynésie 1ère
Publié le

L’interview d’André Dussolier :

Pourquoi avoir accepté ce rôle dans CORTEX ?
Parce que j’ai adoré LE CONVOYEUR que j’avais découvert au festival du film policier de Cognac. Et j’ai retrouvé
cette sorte de construction un peu similaire à la lecture du scénario de CORTEX, avec notamment un personnage principal qui ne parle pas beaucoup.
J’aimais beaucoup aussi l’idée d’aborder le thème de la maladie d’Alzheimer dans le cadre d’un thriller en mixant la réalité d’une souffrance humaine à un film de genre. Je me disais que nous pourrions retrouver la veine du
CONVOYEUR doublée d’un enjeu très humain qui, visiblement, taraudait Nicolas.

Pour construire votre rôle, avez-vous fréquenté des gens atteints par la maladie d’Alzheimer ?
J’en ai rencontré quelques-uns avant le tournage. Mais j’ai surtout longuement écouté le témoignage d’une connaissance dont la mère est atteinte par cette maladie. Il m’a livré beaucoup de détails sur l’évolution, au quotidien, de la maladie. Sur ces personnes qui ont des éclairs de lucidité et qui, à d’autres moments, sont complètement « ailleurs ». J’ai pris des notes que j’ai données à Nicolas. Et il les a intégrées dans le script. Pour essayer de comprendre la maladie d’Alzheimer, on m’avait fait un schéma : la mémoire y était représentée par une toile avec des trous sans connexion possible de l’un à l’autre. Et c’est ce que j’ai voulu retranscrire dans mon rôle. Un rôle qui offrait des aspects inattendus et incertains avec des moments où le personnage ne s’appartient plus. Sur le tournage, Nicolas expliquait que le film devait donner une impression « hypnotique ». Comme si le spectateur planait en même temps que les personnages. Généralement, on a pitié des malades, mais en même temps, on ne peut pas vraiment les plaindre puisqu’ils ne sont pas réellement conscients de leurs troubles. Ils sont donc à la fois dans la souffrance et à la fois pas du tout. Quand j’ai lu le scénario la première fois, je dois avouer que j’aurais voulu en savoir plus sur les différents aspects de la maladie, mais j’ai vite compris que ce n’était pas la volonté première de Nicolas puisqu’il voulait faire un film de « sensations ».

Comme vous n’avez pas beaucoup de dialogues, vous faites passer beaucoup d’émotion par votre gestuelle ou vos regards. Comment avez-vous appréhendé cette façon de jouer ?
Ça me rappelle l’anecdote d’un spectateur qui était venu féliciter Lucien Guitry, le père de Sacha, après une représentation théâtrale. Il ne tarissait pas d’éloges sur l’auteur de la pièce, son écriture, ses «silences». Et Lucien Guitry lui a répondu : «Ah, non, là par contre, ces silences, ils sont de moi !». Pour moi, le silence est le domaine idéal où l’acteur - et le cinéma est un formidable terrain de jeu pour ça - a la possibilité de faire ressentir de l’émotion entre les mots. J’aime beaucoup ça. Dans le cinéma anglo-saxon, qui est moins habitué à exprimer les sentiments des personnages par la parole, on trouve beaucoup de ces silences.

- Genre : Thriller, Policier
- Durée : 1h45
- Réalisation : Nicolas Boukhrief
- Avec André Dussollier, Marthe Keller, Julien Boisselier