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L'autosuffisance alimentaire en Polynésie, est-ce possible ? - 29/09/2016

Alexandre Le Queré

Une actualité locale ou nationale décryptée à la loupe par Alexandre Le Quéré.

Polynésie 1ère
Publié le , mis à jour le

Alors que la foire agricole débute à Vaitupa aujourd’hui, intéressons nous à l’auto suffisance alimentaire : est-ce possible en Polynésie ?

Ces mots, « autosuffisance alimentaire », on les entend très régulièrement dans la bouche de la plupart des responsables politiques du Pays. C’était le cas en septembre 2015 avec ministre de l’agriculture de l’époque, Frédéric Riveta. L’UPLD le faisait avant lui… C’est toujours présenté comme un objectif à atteindre.
D’abord, qu’est ce que l’auto suffisance alimentaire ?
Selon la définition du FAO, l’organisation des Nations unies consacrée à l’agriculture et à la l’alimentation, il s’agit de la «satisfaction de tous les besoins alimentaires par la production nationale ».

Concrètement, ça voudrait dire que toutes les carottes qu’on mange soient des carottes polynésiennes, tous les steaks issus de bœufs polynésiens et tout le lait produit par des vaches polynésiennes. Pas besoin de vous faire un dessin, on en est très loin.
Selon les chiffres de la chambre territoriale des comptes, qui datent d’une dizaine d’année maintenant, 20% de ce que nous consommons est produit par l’agriculture locale.

Bien sûr, pour les fruits et légumes, la proportion est  beaucoup plus importante, notamment parce qu’il y a un contrôle des importations. On le sait, ça pose problème quand il y a des pénuries : pénurie de tomates en saison des pluies, pénurie de gingembre, pénurie d’œufs, pénurie de miel.
On le voit, dans les faits, et sans aller chercher bien loin, cette autosuffisance alimentaire est un mythe…
D’ailleurs, elle n’a plus la côte au niveau international .
Toujours selon l’organisation des Nations unies pour l’agriculture, l’autosuffisance alimentaire n’est pas souhaitable dans les pays où les variations climatiques sont importantes… Mieux vaut limiter au maximum ses importations, mais l’autosuffisance peut s’avérer être une impasse.
Mais il y a des raisons d’être optimiste. Parce que sans user de grandes phrases et de grands concepts, les initiatives locales existent...
A Tahiti comme dans les îles, pour privilégier les circuits courts, du faapu à l’assiette, sans passer par le magasin. C’est le cas à Tahiti avec la plateforme baptisée « la Ruche qui dit oui » pour mettre en relation des producteurs et des consommateurs. Il y a aussi toutes ces municipalités qui commandent directement à leurs agriculteurs pour les cantines scolaires… Et puis il y a tout simplement le faapu, l’autosuffisance personnelle ! Plus on mange ses propres fruits, ses propres cocos, ses propres légumes, moins on achète au magasin, moins on importe, moins on utilise de pétrole pour acheminer ces marchandises. Mais ça veut aussi dire aussi moins de taxes et moins de marges pour les importateurs et les grandes surfaces… Alors finalement, qui a intérêt à pousser l’autosuffisance alimentaire ?


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