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« Eau chocolat » : que dit la réglementation ? - 16/11/2016

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Une actualité locale ou nationale décryptée à la loupe par Alexandre Le Quéré. Du lundi au vendredi à 7h10.

Polynésie 1ère
Publié le

Vous l’avez sans doute vu sur Polynésie 1ère ou sur des photos qui tournent sur les réseaux sociaux…
En ce moment à la presqu’île, c’est de l’eau chocolat qui coule au robinet. Les habitants sont fiu. Ils en appellent au maire pour régler ce problème… Alors je me suis posé la question : qu’est ce que les mairies doivent faire dans ces cas là ? Est-ce qu’ils sont responsables de cette eau chocolat ?

La réponse est non ! Aujourd’hui, même si les municipalités s’occupent de l’eau et des réseaux, elles n’ont pas l’obligation de fournir une eau propre et potable… En tous cas pas encore !

A partir de 2025, le code général des collectivités territoriales s’appliquera en Polynésie. Et ce code prévoit entre autres que les mairies garantissent à leur population de l’eau potable. Si elles ne le font pas, elles auront de fortes amendes.
L’application de ce CGCT, on s’en souvient, elle a été reportée… Les élus ont demandé que ça ne soit pas mis en place tout de suite. Ils n’étaient pas prêts. Ils ont donc encore quelques années pour se préparer…
Il y a du travail !

Les 48 communes sont face à des problèmes très différents. Rien voir entre Tahiti, ses rivières, ses sources et ses captages et les Tuamotu, où il faut envisager des citernes et des osmoseurs.

En 2015, selon l’enquête annuelle du service d’hygiène, sur les 48 communes de Polynésie, 9 seulement ont distribué de l’eau potable au robinet. Mais ça couvre tout de même 58% de la population.

Parmi les bons élèves : la zone urbaine de Tahiti mais aussi Bora Bora ! Rimatara et Huahine propose de l’eau de très bonne qualité également. Onze atolls des Tuamotu possèdent une centrale de production d’eau potable opérationnelle.
Tout ça se met en place, mais attention aux factures, qui vont forcément grimper ! Car c’est le deuxième effet de ce CGCT… Non seulement les communes doivent fournir de l’eau, mais ce service doit être financé par les redevances ! En clair, il faut payer l’eau potable !

C’est un problème que rencontrent beaucoup de mairies, qui font face à des arriérés gigantesques, à Pirae, à Papara pour ne citer que ces exemples là. Les mairies menacent de couper l’eau des mauvais payeurs…
Sauf qu’il y a désormais une loi votée au Parlement français qui indique que l’accès à l’eau est un droit universel. On n’a pas le droit d’en être privé… Des contentieux au tribunal sont à prévoir.

L’accès à l’eau potable est un enjeu mondial. Selon des experts travaillant pour les Nations unies, la moitié de l’humanité boit de l’eau douteuse… 3 milliards et demi d’hommes et de femmes qui consomment une eau pas sûre ou même dangereuse.