Cyclone Pam : le Vanuatu jette des tonnes de nourriture

Vanuatu
© Polynésie 1 ère

Un an après le passage dévastateur du cyclone Pam au Vanuatu, le journal local Vanuatu Daily Post rapporte que des tonnes de denrées alimentaires n'ont jamais été distribuées. Le service gouvernemental en charge de la gestion des catastrophes affirme que la nourriture était périmée.

polynesie1ere.fr avec Radio Australia et Élodie Largenton Publié le

Des cartons entiers remplis de haricots blancs en boîte, de tomates en conserve, de nouilles, de farine, de jus ou encore de poissons en conserve viennent d'être déversés dans la décharge publique d'Etas. Depuis près d'un an, ces tonnes de denrées alimentaires étaient entreposées dans un camp de la Force mobile du Vanuatu.

De la nourriture périmée ?

Pourquoi cette nourriture n'a-t-elle pas été distribuée à la population qui en avait bien besoin après la destruction de nombreux jardins potagers par le cyclone Pam ? François Chani, député de Pentecôte, pose la question. Voici la réponse de Shadrack Welegtabit, le directeur du comité chargé de la gestion des catastrophes, le NDMO :  « Le matériel de secours est venu du monde entier, y compris d'endroits aussi éloignés que l'Europe, la Russie et même le monde arabe. Ces pays nous ont aidés en envoyant des produits, mais à leur arrivée au Vanuatu, on a vu que plusieurs d'entre eux, et surtout des produits alimentaires, n'étaient déjà plus bons. »
 
Certains produits ont été envoyés par avion, mais d'autres sont arrivés par bateau, précise Shadrack Welegtabit. Il assure que les autorités ont rempli leur devoir : « On a distribué beaucoup de nourriture à l'époque, on a fait quatre distributions. Mais on a reçu des denrées non sollicitées et on ne peut pas donner de la nourriture périmée. »

Donner de l'argent plutôt que de la nourriture

Selon ses informations du journal Vanuatu Daily Post, certaines personnes ont tout de même récupéré des sachets de nouilles périmées pour nourrir leurs cochons. Quoi qu'il en soit, le directeur du NDMO appelle à se servir de ce raté pour mieux aider les populations victimes de catastrophes naturelles à l'avenir.  « Il faut retenir la leçon, c'est utile pour les Fidji : si les gens veulent vraiment aider, il vaut mieux qu'ils donnent de l'argent plutôt que de la nourriture. », a t-il expliqué.
 
Et c'est d'ailleurs l'appel lancé par la Croix-Rouge à ceux qui voudraient aider les Fidjiens à se remettre du passage du cyclone Winston en février dernier : « On déteste décourager les gens à se montrer généreux, la générosité et la compassion nous facilitent le travail. La vérité, c'est que des vêtements de seconde main ou du matériel de cuisine ont peu de chance de parvenir à une famille qui en a besoin. Si ces produits parviennent aux Fidji, ils s'entasseront probablement sur les quais, comme ce fut le cas pour des centaines de cartons au Vanuatu après Pam, parce que personne n'a payé les charges nécessaires à leur passage en revue et à leur distribution. Et l'entreposage de ces cartons a coûté des millions au gouvernement vanuatais. »