Californie : les incendies font 31 morts

Californie : les incendies font 31 morts
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C'est le bilan le plus lourd depuis 1933... Depuis jeudi 8 novembre, deux incendies ravagent plusieurs comtés de cet Etat, l'un dans le nord, près de Sacramento, l'autre dans le sud, près de Los Angeles et Malibu. Plus de 250 000 personnes ont reçu l'ordre d'évacuer leurs domiciles.

 

Polynésie la 1ère avec franceinfo Publié le , mis à jour le

Le bilan est extrêmement lourd. Au moins une trentaine de personnes ont péri dans les incendies qui ravagent des dizaines de milliers d'hectares en Californie. "Aujourd'hui, les restes de six nouvelles personnes ont été découverts, ce qui porte le bilan total actuel des morts à 29", a expliqué lors d'une conférence de presse le shérif du comté de Butte, Kory Honea, en parlant du feu baptisé "Camp Fire", dans le nord de l'Etat, au pied des montagnes de la Sierra Nevada.

Ce bilan atteint celui de 1933, occasionné par le "Griffith Park Fire", qui avait également fait 29 victimes, mais dans le comté de Los Angeles, selon l'agence des pompiers californienne Cal Fire.
 

Huit mille pompiers "sur les lignes de front"


Un journaliste de l'AFP a vu dimanche 11 novembre des sauveteurs découvrir deux cadavres près de Paradise, dans le nord. Dans le sud de l'Etat, autour de Los Angeles et Malibu, l'incendie "Woolsey Fire" a fait pour sa part deux morts, trouvés dans un véhicule sur une voie privée. Plus de 250 000 personnes ont reçu l'ordre d'évacuer leurs domiciles dans une vaste région près de Sacramento, capitale de cet Etat de l'ouest des Etats-Unis, et dans la célèbre station balnéaire de Malibu.

Les pompiers qui combattent le "Woolsey Fire" "se préparent au retour des dangereux vents de Santa Ana qui pourraient étendre les flammes", selon un communiqué des autorités. "Nous avons aujourd'hui plus de 8 000 pompiers fédéraux, de l'Etat et locaux sur les lignes de front", a dit lors d'une conférence de presse un responsable de CalFire, Scott Jalbert. "Malheureusement, avec ces vents, ce n'est pas fini. Alors s'il vous plaît, soyez prudents", a-t-il ajouté.
 

Pourquoi ces incendies sont aussi meurtriers ?


Ce sont ces vents violents et secs, d'une rapidité sans précédent, qui font les spécificités de la Californie et expliquent ce lourd bilan humain. "Il y a dix ou vingt ans, vous restiez dans vos maisons quand il y avait un incendie et vous étiez capables de les protéger", a constaté Mark Lawrenson, le chef des pompiers du comté de Ventura, voisin du comté de Los Angeles, lors d'une conférence de presse. Désormais, les autorités californiennes mettent en garde contre une propagation des incendies plus rapide que par le passé. "Les choses ne sont plus ce qu'elles étaient. Le taux de propagation est exponentiellement supérieur à ce qu'il était. Je vous en prie, tenez compte des ordres d'évacuation. Ne restez pas chez vous", a ainsi imploré Mark Lawrenson. "Ce n'est pas une nouvelle normalité, c'est une nouvelle anormalité. Et cette nouvelle anormalité va se poursuivre, sans doute dans les dix à quinze ou vingt ans", a estimé de son côté le gouverneur de Californie, Jerry Brown, lors d'une conférence de presse.

Aux vents violents et chauds s'ajoutent la sécheresse qui sévit en Californie, le climat méditerranéen qui y règne et une végétation particulière. En effet, l'Etat est parsemé de gigantesques forêts qui constituent de véritables poudrières. La sécheresse de ces dernières années y a laissé des traces : "102 millions d'arbres morts", dénombre Scott McLean, porte-parole du département californien des forêts et de la protection contre les incendies, auprès de CNN (en anglais). Le taux d'humidité du bois est également bien plus faible que la moyenne.

A côté de ces vastes forêts, la Californie possède une végétation prête à s'enflammer. On la retrouve sur la chaîne côtière autour de Los Angeles et San Diego, qui est couverte de chaparral, l'équivalent du maquis ou de la garrigue en France. "C'est une végétation très fine, composée de buissons et d'herbes qui sèchent extrêmement vite", explique Thomas Curt, directeur de recherche à l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture (Irstea), à franceinfo. Un écosystème qui favorise une combustion rapide : "Le chaparral dégage des huiles essentielles qui font que quand ça chauffe, ça s'enflamme très vite", ajoute Thomas Curt.


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