La gestion de l’emploi public en Calédonie durement critiquée dans un rapport

gouvernement caledonien
© Caledonie 1ère

Colloques coûteux et inutiles, maquis de textes, rémunérations excessives...la Chambre territoriale des comptes  dresse un constat sévère de la gestion de l'emploi public par la Nouvelle-Calédonie, dans un rapport qui vient d'être mis en ligne

Hélène Harte
Publié le

Dans ce document d'une centaine de pages, la CTC a passé au crible la gestion des ressources humaines de la Nouvelle-Calédonie entre 2009 et 2014, soit quelque 17.000 agents employés dans les collectivités territoriales et les organismes publics.      
             
Alors que cohabitent deux fonctions publiques (territoriale et communale), que le statut des agents non-titulaires reste à élaborer et que le texte sur "la préférence locale" pour l'emploi public prévu par l'accord de Nouméa (1998) est toujours dans les limbes, la CTC pointe l'immobilisme des dirigeants.      
             
La juridiction financière rappelle cependant qu'en avril 2010 des Assises de la fonction publique ont été organisées pour un coût de 30,6 millions CFP.    
             
"Ces assises ne sont pas le seul exemple de manifestation, coûteuse, largement médiatisée, apparemment conclusive mais qui ne débouche sur aucune mesure concrète", écrit la Chambre, rappelant la tenue d "un séminaire de trois jours en 2014", qui a couté 14 millions.      
             
Observant que le secteur de la fonction publique a connu huit titulaires différents au sein du gouvernement local depuis 2009, la CTC estime que l'instabilité institutionnelle explique en partie cette incapacité à réformer.      
             
Les "difficultés d'organisation et de fonctionnement" de la direction des ressources humaines et de la fonction publique de la Nouvelle-Calédonie, le manque de données sur les effectifs et leur turn-over important, "l'éparpillement normatif", ou encore l'inadéquation des formations sont également montrés du doigts.      
             
La Chambre cite en outre des abus, tels que ceux des collaborateurs de cabinet du gouvernement, dont le recrutement et les rémunérations se font en dehors de toute procédure régulière.     
             
Elle mentionne aussi le cas "d'une chargée des affaires européennes", en poste à Paris, mais dont "le traitement et l'indemnité de résidence sont affectés d'un coefficient d'indexation de 73%".       
             
La CTC a formulé 18 recommandations pour réformer en profondeur la gestion de l'emploi public par la Nouvelle-Calédonie.
             
Source : AFP