En cinq ans, le chômage a doublé en Polynésie française !

ISPF et derniers chiffres du recensement en Polynésie
© ISPF | Derniers chiffres du recensement.

Le taux de chômage s'élève à 21,8% en 2012, soit deux fois plus qu'en 2007. C'est l'un des nombreux enseignements du dernier recensement révélé lundi par l'ISPF. De plus, la population a légèrement augmenté mais son solde migratoire est négatif, le nombre de départs dépasse celui des arrivées.

Service Communication avec Outremer 1ère Publié le , mis à jour le

Le taux de chômage a doublé en cinq ans

Les conclusions de l'ISPF (l’institut de la statistique de la Polynésie française) sont claires : la population vieillit, et le taux de chômage explose. Il est passé de 11,7 en 2007 à 21,8% en 2012. Les jeunes sont les plus touchés, puisqu'un chômeur sur deux a moins de 25 ans. Étant donné qu'Il n'existe pas de caisse de chômage en Polynésie, c'est ce recensement, tous les cinq ans, qui permet d'évaluer ce taux. Consultez ci-dessous les chiffres du dernier recensement de l'ISPF :

Ralentissement démographique

Autre indicateur de la morosité économique : le solde migratoire. L'institut relève "un déficit migratoire sans précédent" : sur une population de 268.207 habitants en Polynésie au mois d'août 2012, on note en cinq ans 7 700 départs de plus que d'arrivées.

L'absence des militaires et leurs familles, l'augmentation des départs étudiants et jeunes travailleurs hors du territoire expliquent en partie ces chiffres, comme l'explique Sebastien Merceron, de l’ISPF, au micro de Belinda Tumatariri :

sebastien merceron ispf


Le taux de fécondité des femmes a quant à lui "été divisé par deux en 25 ans, pour s'établir à deux enfants par femme". Ce ralentissement démographique est toutefois à nuancer selon les îles. La croissance de la population est divisée par deux dans les archipels les plus peuplés des Îles du Vent (Tahiti, Moorea) et des Îles Sous le Vent (Bora Bora, Raiatea). Elle stagne aux Tuamotu et aux Gambier, mais augmente aux Marquises et aux Australes. Le recensement établit que, sur Tahiti même, la population urbaine diminue au profit des communes plus rurales, et des départs à l'étranger, surtout chez les 15-24 ans.

La baisse du taux de fécondité combinée à l'allongement de la durée de vie provoque un vieillissement de la population : l'âge moyen est passé de 24 ans en 1988 à 31 ans en 2012, bien en deça cependant de la France métropolitaine, où il s'établit à 40 ans.

Hausse sensible de l'équipement des ménages

Le recensement montre aussi une hausse sensible des équipements des ménages : 57% d'entre eux sont équipés d'ordinateurs, contre 46% en 2007, et 9 ménages sur 10 disposent d'un téléphone mobile.

En revanche, 10% des résidences principales n'ont toujours pas accès à un réseau d'eau. Dans les Tuamotu-Gambier, de nombreuses maisons sont donc équipées de cuves de récupération des eaux de pluie.

 

Une économie de plus en plus tertiaire

L'ISPF relève enfin que l'économie polynésienne est "de plus en plus tertiaire", puisqu'elle regroupe 77% des actifs. Le secteur primaire reste important, avec 8% des actifs dans la perliculture, l'agriculture ou l'aquaculture.

Le secteur public reste un employeur majeur, en concentrant 25 000 salariés dans les services de l'Etat, du Pays (la Polynésie française), ou dans les collectivités locales.