Centenaire du bombardement de Papeete: la mairie lance un appel aux descendants des poilus

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© D.R. | La vieille cannonière "La Zélée", commandée par le capitaine Destremau, coulera lors du bombardement, heureusement sans faire de victime à bord

Le 22 Septembre 1914,un tiers de Papeete est en cendres,frappé de plein fouet par plusieurs obus allemands. Ils ont été tirés par deux croiseurs cuirassés. Un siècle plus tard, la municipalité organise une exposition et lance un appel aux familles des anciens combattants,pour commémorer l'événement.

Pierre-Emmanuel Garot
Publié le , mis à jour le

Il s'agit avant tout de retrouver des photos, comme on peut lire sur le site officiel de la ville de Papeete:
"Organiser cette exposition est également un bel hommage rendu au courage des Poilus tahitiens qui sont partis loin de leur Fenua pour défendre la mère patrie alors que certains d’entre eux ne maîtrisaient même pas la langue française.

Elle est également organisée dans l’objectif de préparer pour 2014 la célébration du centenaire de cette Grande Guerre et en particulier du bombardement de la ville. Elle permettra peut-être de sensibiliser la population sur le devoir de mémoire, sur la nécessité de « conserver » pour transmettre aux futures générations l’histoire de leur pays.

Les agents du Bureau de la Documentation et des Archives travaillent sur cette exposition depuis deux ans. Ils ont été confrontés au manque de documents et d’objets. Certes, des documents ou objets de cette époque existent encore. Mais s’ils ne sont pas dans les organismes publics, ils sont dispersés dans les familles des descendants des Poilus. Cela explique la difficulté d’en retrouver."

Vous pouvez contacter la Mairie au 41 57 80 si vous disposez de ces documents.


LE BATAILLON DU PACIFIQUE


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© D.R.


Incorporés dans le Bataillon mixte du Pacifique, composé de Tahitiens et de Calédoniens, les premiers contingents se retrouvent à Boulouris, dans le Var, dès l'été 1916. Le froid est leur principal ennemi, et il apparaît difficile d'envoyer les Polynésiens se battre dans le nord ou dans l'est en plein hiver. Le bataillon stationne donc en Provence jusqu'à l'été suivant, époque à laquelle il monte au front pour être occupé essentiellement à des travaux de terrassement. Notons toutefois qu'une centaine de Tahitiens sont acheminés dès l'automne 1916 dans la région de Salonique, en Grèce, où ils affrontent les Autrichiens lors d'une campagne très éprouvante.
Le B.M.P. devient unité combattante en 1918, après un deuxième hiver passé à Boulouris. Envoyé au front dans les environs de Soissons, il participe de façon active à l'arrêt des dernières offensives ennemies lors de la seconde Bataille de la Marne, et se joint à la contre-offensive alliée qui pousse les Allemands à signer l'Armistice.

L'attitude exemplaire des soldats venus de Polynésie leur vaut une citation à l'ordre de la 10eme Armée, citation que l'on peut lire sur la plaque commémorative placée quai du Commerce.

A l'heure du bilan, on constate que la colonie a payé un lourd tribut à la défense de la Métropole, puisque 300 de ses enfants y ont laissé la vie. En 1923, est érigé le Monument aux Morts de l'ex avenue Bruat, en souvenir.de leur sacrifice.